Un tournant majeur pour l’énergie tunisienne a été acté avec l’octroie, par la Banque mondiale, d’un financement de 430 millions de dollars. Ce montant, dont 30 millions proviennent des Fonds d’investissement climatiques, est destiné à concrétiser le « Programme d’amélioration de la fiabilité, de l’efficacité et de la gouvernance énergétiques tunisiennes » (TEREG). L’objectif ? Transformer le paysage énergétique national en misant sur la durabilité, la fiabilité et l’accessibilité de l’électricité pour tous.
Par ce programme quinquennal, la Tunisie se donne les moyens de répondre à ses défis énergétiques actuels. En effet, confrontée à une baisse continue de sa production nationale de pétrole et de gaz, le pays est devenu importateur net d’hydrocarbures. Pour inverser cette tendance, une diversification accélérée du mix énergétique s’impose. Ainsi, TEREG vise à mobiliser 2,8 milliards de dollars d’investissements privés d’ici 2028, permettant l’ajout de 2,8 gigawatts de capacités solaires et éoliennes. Une telle expansion devrait non seulement renforcer la sécurité énergétique, mais aussi générer plus de 30 000 emplois locaux.
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Des réformes structurelles pour un secteur plus performant
Au-delà du déploiement des énergies renouvelables, le programme TEREG entend améliorer significativement la performance de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Grâce aux réformes prévues, les coûts d’approvisionnement en électricité pourraient diminuer de 23 %. Par ailleurs, la santé financière de la STEG devrait s’améliorer, avec un taux de recouvrement des coûts passant de 60 % à 80 %. Enfin, les subventions publiques, actuellement estimées à 2,045 milliards de dinars (698 millions $), seront réduites, allégeant ainsi la pression sur les finances de l’État.
Ce financement s’inscrit dans une dynamique plus large, incluant des projets déjà en cours comme l’interconnexion électrique Tunisie-Italie (ELMED) ou encore les services de conseil de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Ensemble, ces initiatives renforcent la cohérence de la stratégie nationale de transition énergétique, qui ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % d’ici 2030.
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La Tunisie, en s’appuyant sur ce soutien international, se positionne donc comme un modèle régional de transition énergétique. En combinant innovation, gouvernance renforcée et création d’emplois, le pays trace la voie vers une indépendance énergétique durable, tout en contribuant activement à la lutte contre le changement climatique.
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