TANZANIE/MOZAMBIQUE/MALAWI : l’écotourisme, au cœur d’un projet transfrontalier autour du fleuve Ruvuma

Le bassin du fleuve Ruvuma, qui prend sa source à un peu plus de 900 m d’altitude, à 50 km au sud-ouest de la ville tanzanienne de Songea et à l’est du lac Nyasa ou lac Malawi, abrite des écosystèmes vitaux qui constituent des atouts majeurs pour le tourisme animalier et balnéaire. Conscients de ces atouts, la Tanzanie, le Mozambique et le Malawi, pays qui ont en partage le fleuve Ruvama, multiplient les efforts pour soutenir la croissance de l’écotourisme dans la région, notamment en préservant la ressource en eau et en protégeant les habitats fauniques.

Le projet «Renforcement de la gestion transfrontalière intégrée, de la source à la mer, du bassin du fleuve Ruvuma et de ses zones côtières pour garantir la santé des écosystèmes et la sécurité des moyens de subsistance», lancé récemment en Tanzanie, s’inscrit dans cette perspective.

Renforcer l’écotourisme régional par la conservation de la biodiversité

Il s’agit de la toute première initiative d’envergure autour du Ruvama. S’étendant sur 760 km, dont 650 km constituent la frontière entre le Mozambique et la Tanzanie. Le fleuve est riche en biodiversité aquatique et terrestre, notamment la réserve nationale de Niassa, d’une superficie de 42 400 km², qui couvre une partie des provinces de Cabo Delgado et de Niassa, dont le développement devrait être stimulé par la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau transfrontalières. Le nouveau projet devrait permettre de rendre ce bassin plus attractif pour les touristes soucieux de l’environnement.

La croissance de l’écotourisme autour du fleuve Ruvama devrait également avoir un impact positif sur l’économie de la Tanzanie, du Mozambique et du Malawi, quand on sait que cette pratique peut stimuler, de manière active, l’économie locale en générant des revenus touristiques qui bénéficient directement aux populations d’accueil. Ces revenus, issus de la consommation des services touristiques, favorisent un développement communautaire durable en soutenant des projets locaux variés.

Concrètement, le projet développera des infrastructures écotouristiques telles que les gîtes écologiques, et développera le transports durable. Les communautés seront encouragées à s’engager dans des activités telles que le guidage écotouristique, la pêche durable et l’offre d’expériences culturelles aux touristes.

Financé à hauteur de 7,12 millions de dollars par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le projet transfrontalier est piloté par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en tant qu’agence de mise en œuvre du FEM, en partenariat avec le partenariat avec le Partenariat mondial pour l’eau en Afrique australe et Wetlands International, en tant qu’agence d’exécution. L’initiative s’étendra jusqu’en décembre 2030.

Pour mémoire, le 31 juillet 2024, la Tanzanie, le Mozambique et le Malawi ont signé un protocole d’accord afin de renforcer leurs liens de coopération dans le domaine de l’eau. Le protocole d’accord qui sert désormais de point de référence pour de futures discussions sur les efforts de coopération en matière de gestion du bassin de Ruvuma. La coopération entre les trois pays s’étend également jusqu’au bassin du fleuve Zambèze, avec la création de la Commission du cours d’eau du Zambèze (ZAMCOM), toujours en 2024.

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Inès Magoum
Inès Magoum
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