Bientôt la valorisation de la saumure issue du dessalement de l’eau de mer en Algérie

C’est dans une déclaration à la presse, donnée lors d’une visite à l’usine de dessalement d’eau de mer de Fouka 2, dans la wilaya de Tipasa, en Algérie, que la ministre algérienne de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou a fait cette annonce. Le pays développera prochainement un projet pilote de valorisation de la saumure issue du dessalement de l’eau de mer, en coordination avec la Société algérienne de dessalement de l’eau de mer et le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, via l’Université de Boumerdès, avec l’accompagnement technique de laboratoires spécialisés dans le domaine. Cette annonce a été faite le 17 mars 2026, un jour avant la célébration de la journée mondiale du recyclage, ce 18 mars.

Selon l’Agence presse algérienne, Kaouter Krikou a indiqué qu’il convient d’exploiter la saumure dans le cadre de la consécration des objectifs de développement durable (ODD), en raison de ses importants avantages. En effet, la saumure contient des minéraux et des substances de grande importance pouvant être utilisés dans plusieurs domaines, notamment la santé, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture, l’aquaculture, l’industrie technologique, le bâtiment et les travaux publics, entre autres. 

Les experts du groupe français Suez ont par exemple proposé, dans un article publié en juillet 2023, des méthodes pour récupérer des éléments chimiques pouvant être réutilisés, à l’instar du Magnésium, du Calcium et du CO2. D’après le géant de l’eau et de l’environnement, en traitant une fraction de la saumure de sortie d’une usine de dessalement par osmose inverse, il est possible, en même temps, de :

– produire des composés à base de magnésium de valeur à intégrer dans un système d’économie circulaire plus large (par exemple, couplage avec une station d’épuration des eaux usées) ou à vendre sur le marché extérieur ;

– produire un mélange minéral fournissant la dureté nécessaire à la reminéralisation du perméat ;

– produire de l’acide et de la base pour une utilisation interne générale dans l’usine (par exemple, prétraitement de l’alimentation en eau de mer, nettoyage des membranes, production de produits chimiques, etc.).

Dans le même article, Suez ajoute que la boucle du processus est fermée en valorisant l’alcalinité de la saumure dans la même étape de reminéralisation du perméat, ce qui minimise le besoin de consommation de produits chimiques externes pendant le dessalement et simplifie les opérations logistiques.

Réduire l’impact environnemental de la saumure

Outre l’avantage économique, la concrétisation du projet pilote annoncé par la ministre Kaouter Krikou permettrait de limiter l’impact environnemental du rejet de la saumure issue du dessalement dans la mer.

En effet, la saumure a une concentration en salinité de 50 à 75 g/L, beaucoup plus élevée que l’eau de mer.  Le danger est que ces rejets hypersa- lins des stations effectués à proximité du rivage contaminent la nappe phréatique et causent la perte d’espèces végétales. Cette situation est d’autant plus problématiques que les normes européennes imposent depuis plusieurs années de repenser les usines de dessalement de l’eau de mer afin de promouvoir une économie circulaire en utilisant le moins possible de produits chimiques. 

Et l’Algérie a de la manière pour cette initiative expérimentale. Le pays compte désormais 19 stations de dessalement de l’eau de mer en service, et une capacité nationale désormais portée à 3,7 millions de m³/jour, figurant parmi les leaders mondiaux du secteur.

Par ailleurs, l’Algérie met en œuvre un programme d’avenir d’une ampleur exceptionnelle, qui prévoit de porter, à l’horizon 2030, à 27 le nombre d’usines de dessalement du pays, pour une capacité totale de 5,7 millions de m³/jour, plus de 2 148 km de réseaux, et une desserte de plus de 28 millions de personnes. L’objectif stratégique est d’assurer 60 % de l’approvisionnement en eau potable grâce au dessalement, dans un pays confronté à la sécheresse.

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Inès Magoum
Inès Magoum
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