Restauration du bassin du lac Tchad : la BAD décaisse 10 M$ pour des études techniques

Le Projet d’assistance technique à la restauration des fonctions écologiques et économiques du bassin du lac Tchad (PARFEBALT) est lancé. L’initiative qui vise à mener des études sur le lac et à développer des outils modernes de modélisation et de planification des ressources en eau, bénéficie d’un financement de 10 millions de dollars américains du Fonds africain de développement (FAD),  le guichet de financement concessionnel du groupe de la banque africaine de développement (BAD).

On progresse vers la restauration durable du bassin du lac Tchad. Le 30 juin 2026, le groupe de la Banque africaine de développement (BAD), et la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) ont officiellement lancé le Projet d’assistance technique à la restauration des fonctions écologiques et économiques du bassin du lac Tchad (PARFEBALT). « Le PARFEBALT est surtout un projet de préparation de l’avenir : il vise à renforcer les connaissances sur les ressources en eau, améliorer la gouvernance de l’eau et des écosystèmes, et créer les conditions nécessaires à la mobilisation de financements pour un programme régional structurant d’investissement», a déclaré le ministre de l’Eau et de l’Énergie du Tchad, Passalet Kanabé Marcelin, lors de l’atelier de lancement.  

Afin de réaliser ses ambitions, le Fonds africain de développement (FAD), le guichet de financement concessionnel du groupe de la banque africaine de développement (BAD) apportera 10 millions de dollars américains au projet, auxquels s’ajoute une contribution de la CBLT représentant 10% du coût global.

Dans les détails, l’initiative permettra l’amélioration de l’hydraulicité des systèmes Chari-Logone et Komadougou-Yobé, qui assurent l’essentiel des apports en eau du lac Tchad, ainsi que sur les options d’aménagement susceptibles d’augmenter durablement le niveau du lac. Les études intégreront également les dimensions environnementales, climatiques, économiques et sociales afin d’identifier les solutions les plus viables pour la revitalisation du bassin.

Le bassin du lac Tchad face une crise multidimensionnelle

Dans l’optique de renforcer les mécanismes d’anticipation des risques climatiques, le projet permettra aussi la mise en place d’un système régional d’alerte précoce capable d’améliorer la prévision des inondations et des sécheresses, ainsi que le déploiement d’outils modernes de modélisation et de planification des ressources en eau. Ces dispositifs permettront aux États membres de la CBLT de disposer de données plus fiables pour orienter leurs politiques de gestion de l’eau et de renforcer la résilience des communautés. Il s’agit du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Nigeria et de la République centrafricaine (RCA).

Séchoirs à poisson au Lac Tchad © PNUD Tchad

En effet, le bassin du lac Tchad constitue un espace vital pour plus de 47 millions de personnes, dont les moyens de subsistance dépendent directement de l’eau, de l’agriculture, de la pêche (50 000 tonnes de poissons par an) et de l’élevage. Le secteur de la pêche en l’occurrence, qui produit en moyenne 50 000 tonnes par an, participe fortement au produit intérieur brut (PIB) des pays riverains, tout en étant une source vitale de protéine pour la population locale.

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Malheureusement, « le lac, qui est l’une des plus importantes eaux douces de surface en Afrique, a perdu une grande partie de sa superficie ces dernières décennies, passant de 25 000 km² en 1960 à environ 2 500 km² pendant les années et les périodes les plus sèches, même si ces données ce sont améliorées ces dernières années», a affirmé Francis Dogo, le responsable du bureau pays de la BAD pour le Tchad. Il a également souligné que les sécheresses, les inondations, la surexploitation des ressources naturelles, les conflits entre agriculteurs et éleveurs ainsi que l’insécurité continuaient d’affecter le bassin. Selon lui, une gestion concertée des ressources en eau transfrontalières est essentielle pour renforcer l’intégration régionale, la sécurité alimentaire et la résilience des populations.

Le renforcement de la communication autour du projet permettra aussi de soutenir la mobilisation des partenaires financiers, d’accélérer l’opérationnalisation des structures focales nationales, de consolider le Comité technique de suivi par des expertises de haut niveau et d’améliorer les mécanismes de suivi-évaluation.

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Inès Magoum
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