Chers lecteurs, Chères lectrices ;


Olivier Guillon Directeur de publication

Au moment où s’ouvrent de nouvelles étapes multilatérales, ce septième numéro assume un parti pris : considérer le climat comme un champ d’actions concrètes, territoriales, où se rencontrent innovation, gouvernance et économie réelle. Le Sommet Europe–Afrique de Marseille a formulé cette exigence dans une Déclaration qui place l’adaptation au cœur d’une solidarité opérationnelle entre acteurs publics, privés et de la société civile.

Elle rappelle que l’équité territoriale est un préalable à l’efficacité.

Notre dossier « Business & Climat : l’Afrique à l’heure des solutions rentables » s’inscrit dans cette logique. Il met en regard des réussites éprouvées et les conditions de leur changement d’échelle : cadres de financement, gouvernance, compétences. Plusieurs contributions soulignent que l’adaptation et la performance économique peuvent avancer ensemble, à condition d’un accompagnement rigoureux des projets et d’un accès simplifié aux capitaux, notamment pour les PME.

Les villes africaines apparaissent comme des maîtres d’ouvrage décisifs de cette transition. Elles structurent des marchés pour la mobilité, l’eau, les déchets, l’énergie, et recherchent des partenaires capables de livrer des solutions complètes et mesurables. Cette trajectoire urbaine ne se réduit pas à des infrastructures ; elle engage des contrats de performance, des outils de financement et des méthodes d’évaluation partagées.

Dans la même veine, des signaux de structuration émergent du côté des normes et de la finance. L’adoption d’une première taxonomie continentale oriente les capitaux vers des activités durables ; le Ghana inaugure une traçabilité forestière alignée sur les exigences européennes. Ces évolutions, à la fois techniques et politiques, créent de la lisibilité pour les investisseurs et de la crédibilité pour les porteurs de projets.

Le numéro met aussi en lumière la place des femmes et des jeunesses dans les trajectoires d’adaptation. La tournée « FemmeAdaptClimat », lancée à Dakar en juillet 2025, documente des solutions locales et construit des réseaux panafricains d’actrices du climat ; à Montpellier, la Biennale Euro-Africa et le Campus des Jeunes Entrepreneurs Africains illustrent une diplomatie des coopérations très concrète entre les deux rives.

Deux angles structurants complètent ce tableau. D’abord, une lecture systémique de la ressource en eau : intégrer boucles de rétroaction, décisions publiques et comportements d’acteurs pour éviter les effets pervers et renforcer la résilience. Ensuite, une réflexion sur les droits coutumiers et le droit de l’environnement : envisager la gouvernance comme médiation entre cultures, territoires et biens communs. Ces éclairages invitent à déverrouiller nos modèles d’analyse.

Enfin, l’économie de la mesure et des standards progresse aussi, à l’image de Gas Analysis 2026, qui réunira concepteurs, laboratoires et régulateurs autour des métrologies des gaz, de l’hydrogène et de la qualité de l’air. Autant de briques techniques qui, au-delà des annonces, conditionnent la fiabilité des politiques et des investissements climatiques. ●


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