ÉGYPTE: la BAD finance les études de cinq nouvelles usines de dessalement de l’eau de mer

Le Conseil des ministres d’Égypte vient d’approuver un financement de 780 000 euros de la Banque africaine de développement (BAD), sous forme de subventions, pour les études techniques et environnementales de cinq nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer dans le pays des pharaons. Les futures usines seront alimentées aux énergies renouvelables.

Face au stress hydrique persistant, l’Égypte veut accélérer la construction d’usines de dessalement de l’eau de mer. Au moins cinq nouvelles stations seront construites dans le pays d’Afrique du Nord au cours des prochaines années. Le projet a été annoncé récemment par les autorités égyptiennes, en Conseil des ministres, ainsi que l’approbation de deux subventions de la Banque africaine de développement (BAD), destinées à financer les travaux préparatoires du projet.

La première subvention, d’un montant de 500 000 euros, sera octroyée par la Facilité africaine pour l’eau (FAE), hébergée et administrée par la BAD, afin de financer les études techniques, environnementales et sociales des futures installations, qui seront alimentées aux énergies renouvelables.

La deuxième subvention de 280 000 euros (en unités de compte) proviendra du Fonds d’assistance technique (FAT), outil financier mis en place pour soutenir les pays à revenu intermédiaire de la BAD.

Renforcer la sécurité hydrique

Après la phase des études, les travaux pourront démarrer sur les différents sites. Selon un communiqué publié par le gouvernement égyptien, le projet d’approvisionnement en eau sera développé dans quatre gouvernorats, dans le cadre de partenariats public-privé.

Une fois opérationnelles, les usines permettront de produire une capacité globale de 525 000 m3 d’eau par jour, destinées à différents usages (consommation, irrigation, etc.). Ce qui contribuera à renforcer la sécurité hydrique dans les zones ciblées par le projet. En effet, l’Égypte fait face à un stress hydrique critique. Le pays dépend du Nil pour plus de 90 % de ses besoins en eau. Cette sécurité est menacée par la croissance démographique, le changement climatique et les tensions géopolitiques avec l’Éthiopie autour du grand barrage de la renaissance (GERD).

LIRE AUSSI – Dessalement de l’eau en Égypte : la Berd soutient Ridgewood, une entreprise du secteur privé avec 6,4 M€

Pour faire face à ces défis, le pays vise une capacité de 9 millions de m3 d’eau par jour d’ici à 2050. L’Égypte dispose actuellement de 129 stations de dessalement opérationnelles qui produisent environ 1,4 million de m3 d’eau par jour. 

Le financement de la BAD servira aussi à financer des programmes de renforcement des capacités destinés aux professionnels du secteur de l’eau.

Ce projet s’inscrit dans le volet « eau » du programme égyptien « Nexus de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie » (NWFE). Dirigé par la BAD, ce volet cible trois grands projets prioritaires d’adaptation au climat pour un investissement total d’environ 1,43 milliard de dollars. Il s’agit de l’amélioration de l’efficacité de l’irrigation, le développement de capacités de dessalement d’eau de mer couplées à des sources d’énergies renouvelables et la réhabilitation des canaux et valorisation des eaux non conventionnelles (recyclage et traitement des eaux usées). L’objectif est de renforcer la sécurité hydrique face au stress climatique à l’horizon 2030. 

Pour mémoire, le NWFE a été lancé en 2022 par le ministère égyptien de la Coopération internationale.

Newsletter

Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.

Inès Magoum
Inès Magoum
Articles: 185

Laisser un commentaire

×