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Plus de 20 après la dernière mise à jour des données sur le patrimoine forestier national, entre 2003 et 2004, le gouvernement du Cameroun envisage la relance d’un projet d’inventaire en vue de leurs actualisation, les bases statistiques existantes ne permettant plus d’éclairer efficacement les décisions stratégiques.
Le Cameroun veut refaire l’inventaire de son patrimoine forestier national afin de connaître avec précision ses ressources en bois (en quantité et en essences), des données posséder des données sur sa faune et sa biodiversité, mais aussi évaluer la capacité de sa forêt à stocker du carbone. Cette décision de moderniser sa politique forestière intervient plus de 20 ans après le dernier inventaire forestier national réalisé en 2003 et 2004. Le projet a été annoncé récemment par le ministère camerounais des Forêts et de la Faune (Minfof) à Ebolowa, au Sud du Cameroun, lors d’un atelier consacré à la présentation et à l’enrichissement de la méthodologie du troisième Inventaire forestier national multi-ressource, du 1er au 3 juillet 2026 .
Pour le ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Joseph Nyongwen, cette rencontre a permis de définir la méthodologie pour y parvenir, les outils à utiliser et les moyens humains et financiers à mobiliser. Le but, ensuite : solliciter l’appui des partenaires pour un inventaire qui devrait durer au moins deux ans. Au nom du gouvernement, Joseph Nyongwen a salué l’appui des partenaires techniques et financiers déjà engagés, notamment la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), à travers la coopération allemande.
Des données actualisées pour mieux valoriser le potentiel forestier
L’objectif est d’aboutir à une approche adaptée aux réalités du terrain avant le lancement effectif de l’inventaire, en phase avec les ambitions de développement du pays d’Afrique centrale et la valorisation durable du potentiel forestier.
Pour mémoire, le Cameroun représente le deuxième massif forestier le plus important du Bassin du Congo après celui de la République démocratique du Congo (RDC). Son patrimoine forestier couvre environ 22 millions d’hectares, soit près de 46 % du territoire national, avec une biodiversité exceptionnelle caractérisée notamment par la réserve de faune du Dja et le parc national de Lobéké, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Il est structuré en domaines permanents (UFA, forêts de protection, aires protégées) et non permanents.
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Plus de 100 Unités forestières d’aménagement (UFA) ont été désignées, couvrant plus de 7 millions d’hectares, dont une grande partie a été concédée à l’exploitation forestière. Toutefois, le Cameroun fait face à une perte significative de son couvert végétal. Des rapports récents indiquent une perte de près de 800 000 hectares de forêts, impactée par l’agriculture, l’exploitation du bois et le développement urbain. Pour faire face à ce défi, l’État camerounais a mis en place des lois visant à sévir contre l’exploitation illégale et renforcer la protection de la faune, tout en encourageant des programmes de reforestation et de restauration des paysages.
Au niveau national, l’enjeu d’un inventaire forestier actualisé est aussi de mieux lutter contre la perte de recettes fiscales liées à l’exploitation informelle ou criminelle de la forêt, et de mieux gérer l’aménagement du territoire et l’attribution des titres de propriété.
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