Afrive
13 rue Truillot
94200 Ivry-sur-Seine
France
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La journée mondiale de l’océan se célèbre ce 8 juin 2026. Si les objectifs globaux de cette journée sont multiples, notamment celui d’informer le public des conséquences des actions humaines sur les océans, cette année, les uns et les autres sont surtout invités à changer leur façon de percevoir et de prendre soin de ce réservoir de biodiversité, qui subit de fortes pressions.
Après près de deux décennies de négociations, un nouvel accord des Nations Unies est entré en vigueur en 2026, marquant l’une des avancées les plus importantes de ces dernières années en matière de réglementation maritime internationale. Il vise à protéger la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale grâce à de nouvelles règles concernant les ressources marines, les zones protégées et les études d’impact sur l’environnement. C’est dans ce contexte que se célèbre ce jour, la 34e édition de la journée mondiale de l’océan, sous le thème : «Réimaginer : Au-delà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec notre océan».
Il s’agit d’un thème qui invite davantage à changer notre façon de percevoir et de prendre soin de l’océan. «Depuis trop longtemps, nous le considérons comme quelque chose de lointain, alors qu’il fait en réalité partie intégrante de notre quotidien : l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons et l’équilibre climatique qui rend notre existence possible. Cessons d’être de simples bénéficiaires de ses ressources et devenons de véritables gardiens de son avenir», indique l’ONU.
Pour mémoire, l’océan produit au moins 50% de l’oxygène de la planète et absorbant environ 30% du dioxyde de carbone produit par l’homme, atténuant ainsi les impacts du réchauffement climatique. Les écosystèmes marins sont également essentiels à notre économie puisqu’on estime que 400 millions de personnes travailleront dans des industries qui leur sont liées d’ici à 2030.
Les récifs coralliens sous une pression sans précédent
Cet équilibre est de plus en plus bouleversé. Car, les changements océaniques s’accélèrent. Parmi les indicateurs les plus préoccupants, figure l’élévation du niveau de la mer. «Le rythme observé entre 2012 et 2025 atteint désormais 4,2 millimètres par an, soit un taux presque deux fois supérieur à celui constaté lors des décennies précédentes», peut-on lire dans le deuxième rapport du baromètre international Starfish, publié ce 8 juin 2026.
Le rapport accorde également une attention particulière aux récifs coralliens, considérés comme l’un des écosystèmes les plus vulnérables aux changements climatiques. Selon les données compilées dans Starfish 2026, 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique suffisamment intense pour provoquer leur blanchissement. Ce chiffre dépasse largement le précédent record mondial observé entre 2014 et 2017, qui atteignait 68,2 %. Cette dégradation intervient alors même que les récifs coralliens ne couvrent que 0,2 % des fonds marins mais abritent environ un quart des espèces marines connues.
Le comité scientifique qui a mené les travaux de recherches, composés de 29 auteurs issus de 14 pays, souligne également l’apparition de pressions multiples et simultanées. Désormais, près de 25 % de la couche supérieure de l’océan sont exposés en même temps au réchauffement, à l’acidification et à la désoxygénation. Parallèlement, le nombre d’espèces marines menacées d’extinction continue d’augmenter : le baromètre en recense désormais 1 685. Il a été lancé en 2025 à l’initiative de la France à l’approche de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC).
L’évaluation du coût social du carbone appliqué à l’océan
Les transformations de l’océan ont également un coût croissant pour les sociétés humaines. Les pertes économiques liées aux tempêtes tropicales et aux inondations ont atteint 212 milliards de dollars en 2024, soit près du double du montant enregistré l’année précédente. Seulement un tiers de ces dommages étaient couverts par des assurances.
L’une des nouveautés de cette édition concerne l’évaluation du coût social du carbone appliqué à l’océan. Les auteurs s’appuient sur une étude scientifique récente montrant que les dommages causés aux écosystèmes marins, aux pêcheries, aux mangroves ou encore aux infrastructures portuaires représentent à eux seuls 48 dollars par tonne de CO₂ émise. Selon les chercheurs, intégrer pleinement les effets du changement climatique sur l’océan revient presque à doubler le coût social du carbone aujourd’hui pris en compte à l’échelle mondiale. Les scientifiques alertent enfin sur une menace moins visible mais jugée cruciale : l’affaiblissement des systèmes d’observation de l’océan.
Parmi les causes majeures de la dégradation des océans, ont été identifiées le changement climatique, la pollution et la surpêche. Starfish note que les émissions mondiales de CO₂ ont atteint un niveau record de 38,1 milliards de tonnes en 2025, malgré les avancées en matière de protection. Beaucoup restent visiblement à faire en matière de sauvegarde des océans, dont en Afrique. Il en sera certainement question dans les discussions tout au long de cette journée.
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