Dans une démarche stratégique pour renforcer la transformation locale de la noix de karité, le gouvernement ghanéen, avec le soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD), a annoncé un investissement de 4 millions d’euros (soit environ 4,6 millions de dollars) pour la relance de la société PBC Shea Limited. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de créer davantage de valeur ajoutée dans une filière clé de l’économie rurale. Cette entreprise, spécialisée dans la transformation de noix de karité en beurre et en huile, était à l’arrêt depuis 2019, en raison d’un manque de financements pour l’acquisition des matières premières. Sa relance est désormais rendue possible grâce à cette nouvelle enveloppe budgétaire.
Implantée dans la région de Savannah, l’unité industrielle de PBC Shea Limited, construite en 2012, dispose d’une capacité de traitement de 200 tonnes de noix de karité par jour. La relance de ses activités permettra non seulement de dynamiser la chaîne de valeur locale, mais aussi d’assurer un débouché stable aux milliers de producteurs de karité opérant dans les zones rurales du nord du pays.
LIRE AUSSI : Uvira : des feux de brousse ravagent des champs et menacent la sécurité alimentaire
Outre la remise en activité de l’usine, les fonds serviront également à renforcer les capacités des producteurs de karité à travers des formations, un meilleur encadrement et la mise à disposition d’intrants. L’objectif est de sécuriser un approvisionnement durable et de qualité pour répondre aux besoins croissants du marché local et international.

Ce plan de relance s’inscrit dans une dynamique plus large de réorientation de la politique nationale en matière d’exportation. Le 9 juillet dernier, le gouvernement a annoncé son intention de suspendre progressivement l’exportation de noix de karité sous forme brute d’ici 2026. Actuellement, près de 75 % des exportations ghanéennes dans cette filière concernent les noix brutes, contre seulement 18 % pour le beurre et 5 % pour l’huile de karité, selon les données de la Bourse des matières premières du Ghana (GCX).
Le Ghana, cinquième producteur mondial de noix de karité derrière le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso et le Bénin, récolte en moyenne 33 760 tonnes de noix par an, selon les données compilées par la plateforme Tridge entre 2018 et 2022. En misant sur la transformation locale, le pays espère capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par cette ressource naturelle très prisée par les industries cosmétiques, alimentaires et pharmaceutiques à l’échelle mondiale.
LA REDACTION VOUS PROPOSE : BAD-Nigéria : 263,8 M$ pour transformer les infrastructures de l’État d’Abia
La relance de PBC Shea Limited symbolise un pas important vers une industrialisation inclusive, capable de créer des emplois, de dynamiser les économies locales et de renforcer la souveraineté économique du Ghana sur ses propres ressources. Pour les autorités, il s’agit non seulement de soutenir une filière à fort potentiel, mais aussi de bâtir une industrie agroalimentaire plus résiliente et compétitive à l’international.
Ce nouvel engagement financier de l’État et de la BAD est donc porteur d’espoir pour des milliers de femmes et de communautés rurales dont les revenus dépendent fortement du karité, tout en positionnant le Ghana comme un acteur majeur de la transformation en Afrique de l’Ouest.
Newsletter
Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.