Selon les termes d’un accord signé le 18 novembre 2025 à Nouakchott, entre le ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, et Sascha Möhring, Directeur technique et fondateur de Möhring Energie, le groupe allemand développera le projet Nayrah en Mauritanie. Il s’agit d’un projet de production de l’hydrogène et de l’ammoniac verts dans le pays d’Afrique de l’Ouest, principalement destinés aux marchés européens, dans un contexte mondial marqué par une demande croissante en énergies propres.
Concrètement, Möhring Energie réalisera les travaux de manière progressive avec une première phase prévoyant une capacité électrique de 1 GW. Celle-ci permettra une production annuelle de140 000 tonnes d’hydrogène vert et de 400 000 tonnes d’ammoniac vert.
La production des premières tonnes d’hydrogène vert prévue pour 2029
En effet, la Mauritanie figure parmi les pays les plus compétitifs au monde pour produire de l’hydrogène vert, selon une étude publiée en juin 2025 par divers chercheurs sur Nature Energy et intitulée « Mapping the cost competitiveness of African green hydrogen imports to Europe ». C’est notamment grâce au lancement de projets d’envergure comme le projet Aman qui vise une capacité installée de 30 GW d’électricité (solaire et éolien) pour la production d’hydrogène et d’ammoniac verts, ou encore le projet Nour de 10 GW, qui produira d’énormes quantités d’hydrogène vert et de produits dérivés comme l’ammoniac vert, toujours avec des objectifs d’exportation vers l’Europe.
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Normal, le pays qui occupe une position stratégique, dispose également d’un potentiel renouvelable important. Dans un scénario combinant politiques publiques optimales et faibles taux d’intérêt, le coût de production pourrait être de 3,2 €/kgH₂ dans le pays d’ici à 2030, indique l’étude. Ce potentiel d’hydrogène vert est néanmoins conditionné. En l’absence de soutien politique et financier externe (garanties de prix, assurances contre les risques politiques, taux bonifiés), le coût bondirait à 4,9 €/kgH₂, rendant l’hydrogène africain moins compétitif. L’étude conclut que « la plupart des projets africains d’hydrogène vert ne seront pas viables à l’export d’ici à 2030 sans une intervention publique forte du côté européen ».
Le lancement de la production de l’hydrogène vert, dans le cadre du projet Nayrah, est prévu pour 2029. Une fois produit, l’hydrogène vert, obtenu principalement par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable devrait accélérer la transition vers la neutralité carbone en Mauritanie et dans les pays européens où il sera exploité, ainsi que son dérivé l’ammoniac, un carburant et un vecteur d’énergie sans carbone. Le projet Nayrah contribuera aussi à dynamiser l’économie nationale à travers l’attraction d’investissements étrangers, le transfert de technologies, la création de compétences locales et le développement de chaînes de valeur liées à la production, au stockage et à l’exportation d’hydrogène et d’ammoniac verts.
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