Lors d’une rencontre avec Hossam Heiba, président de l’Autorité générale égyptienne pour l’investissement et les zones franches (GAFI), le PDG de Destiny Energy, Vijay Sirse, a détaillé les enjeux de cette nouvelle installation. Située dans la zone économique du canal de Suez, l’usine devrait générer quotidiennement 300 tonnes d’ammoniac vert et 53 tonnes d’hydrogène vert, totalisant plus de 100 000 tonnes par an. Le projet s’appuiera sur des sources d’énergie renouvelable, incluant des infrastructures éoliennes et solaires, développées en collaboration avec d’autres acteurs de la SCZone.
LIRE AUSSI : Sécurité énergétique, Axian gagne le marché d’une nouvelle centrale solaire au Tchad
Le gouvernement égyptien s’engage fermement à soutenir l’énergie propre, promis par des incitations d’investissement allant jusqu’à 55 % des coûts initiaux via des déductions fiscales sur sept ans. De plus, des solutions de financement seront accessibles grâce à la plateforme nationale du programme Nexus of Water, Food, and Energy (NWFE), qui ambitionne de réaliser 10 gigawatts de capacité renouvelable d’ici 2028 et de favoriser la décarbonation industrielle.
L’approvisionnement des usines locales en ammoniac vert ne se limite pas à favoriser la production durable. Il représente également un moyen crucial de diminuer l’empreinte carbone des exportations, en s’alignant sur les exigences du CBAM de l’Union européenne, premier partenaire commercial de l’Égypte. Plus communément appelé taxe carbone européenne, le CBAM impose des taxes sur les importations de produits à forte intensité carbone. Entré en vigueur le 1er octobre 2023, il propose une phase de transition de trois ans, durant laquelle seules les déclarations seront requises, et les paiements commenceront en 2026.
LA REDACTION VOUS PROPOSE : La FEDA va financer 75 M$ vers Spiro pour la transition verte
Cette taxe s’applique à un premier groupe de secteurs, dont le ciment, l’acier, l’aluminium, les engrais, et l’électricité. Elle représente à la fois un mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, ainsi qu’un outil de protection commerciale. L’objectif est d’équilibrer les conditions de concurrence entre les entreprises européennes et celles de pays tiers en appliquant un prix du carbone sur certains produits importés. En se positionnant en faveur de l’énergie verte, l’Égypte non seulement améliore ses capacités industrielles, mais elle se prépare également à répondre aux enjeux environnementaux et commerciaux mondiaux. Les initiatives comme celle-ci renforcent les efforts du pays vers une transition énergétique nécessaire et durable.
Newsletter
Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.