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La Tunisie annonce la rénovation de 59 000 km de conduites d’eau potable d’ici à 2030, un plan colossal

Alors que la Tunisie fait face à un stress hydrique sévère, la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) entreprend un projet colossal de rénovation des réseaux d’eau potable du pays d’Afrique du Nord. En tout, 59 000 km de conduites, vieilles de plus de 50 ans, seront modernisées.

par Inès Magoum
La Tunisie annonce la rénovation de 59 000 km de conduites d’eau potable d’ici à 2030, un plan colossal©Watura

C’est l’un des programmes les plus ambitieux annoncés en 2025 dans le secteur de l’eau en Afrique. Le Programme stratégique de renouvellement et de modernisation du réseau d’eau potable de la Tunisie, dont la mise en œuvre est prévue de 2026 à 2030, vise un triple objectif :  réduire les pertes, sécuriser l’approvisionnement et adapter le pays au stress hydrique. Il a été présenté le 23 novembre 2025 par Abdelhamid Mnaja, le PDG de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), l’organisme public qui assure la fourniture en eau potable sur tout le territoire tunisien. C’était lors d’une conférence organisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) à Tunis, et axée sur la thématique « RésEau d’opportunités : résilience & eau, les clés de demain».

En effet, comme plusieurs pays dans le monde, la Tunisie fait face à un stress hydrique persistant.  Après avoir mis en place plusieurs projets pour garantir la sécurité hydrique (valorisation des ressources en eau non conventionnelles, amélioration de la gestion des ressources en eau, etc.), le pays d’Afrique du Nord veut également s’appuyer pour des réseaux modernes.

Grand Tunis : la construction d’un un réseau intelligent

«L’État du réseau impose une intervention massive : 14 000 km de conduites ont plus de 50 ans, et plus de la moitié du système dépasse les 30 ans, alors que le maillage national s’étend aujourd’hui sur 59 000 km. Il s’agit d’un “chantier national” nécessitant des financements considérables afin d’améliorer l’efficacité, réduire les pertes et renforcer la résilience du système face à la crise hydrique», a déclaré Abdelhamid Mnaja, le PDG de la Sonede. En Tunisie, les pertes d’eau dues aux fuites sont alarmantes, représentant jusqu’à 35 % sur les réseaux gérés par les groupements locaux et jusqu’à 50 % sur le réseau de la Sonede, selon le gouvernement tunisien.

Le chantier le plus lourd concerne le Grand Tunis, où un projet d’amélioration des performances techniques et énergétiques est en cours de montage. Financée à hauteur de 500 millions de dinars tunisiens (près de 167 millions d’euros) par la Banque africaine de développement (BAD), cette composante du programme l’installation de 130 000 compteurs intelligents pour localiser instantanément les fuites, la création d’une salle d’opération centralisée, permettant un pilotage en temps réel de la consommation et des flux, et une optimisation énergétique afin de réduire les coûts d’exploitation d’un réseau saturé par une forte croissance urbaine. Le lancement des travaux est prévu en 2026.

Un second projet d’environ 100 000 euros

Un deuxième volet du programme sera déployé fin 2026 dans trois gouvernorats – Sfax, Kébili et Tozeur – avec un système de transfert d’eau jusqu’à Ben Guerdane. Il reposera sur l’installation de 150 000 compteurs intelligents supplémentaires et le renforcement des conduites afin de limiter les pertes et améliorer la continuité du service dans des régions régulièrement touchées par les coupures.

Une troisième étape, en phase de préparation, concernera sept gouvernorats du Sud, pour un investissement estimé à 230 millions de dinars tunisiens, un peu plus de 67 millions d’euros. Elle vise à renforcer le macro-comptage pour identifier précisément les zones de forte consommation, à rééquilibrer les débits entre zones hautes et basse, et à améliorer l’efficacité d’un réseau encore très fragile dans le Sud-Ouest.

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