« L’eau dans un monde en mutation : innovation et adaptation ». C’est le thème retenu pour le 19e Congrès mondial de l’eau, qui se tient du 1er au 5 décembre 2025 à Marrakech au Maroc. Co-organisée par l’Association International des Ressources en Eau (IWRA) et le ministère de l’Équipement et de l’Eau du Maroc, la grand-messe de l’eau réunira des experts, décideurs, chercheurs, acteurs de la société civile et représentants du secteur privé pour relever les défis majeurs liés à l’eau. Ces défis incluent le manque d’accès à l’eau potable (touchant 2,1 milliards de personnes à l’échelle mondiale), le stress hydrique due au changement climatique et à la surconsommation, la pollution des ressources par des pesticides et des nitrates, et la nécessité d’améliorer l’assainissement dans de nombreuses régions du monde.
D’autres défis majeurs sont la gestion des catastrophes liées à l’eau (sécheresses, inondations) et l’inefficacité de son utilisation, notamment en agriculture.
L’innovation et adaptation comme voies de sortie de crise
Le Congrès de Marrakech abordera donc les interconnexions complexes entre eau, écosystèmes, énergie, agriculture et activités humaines, en mettant en avant des solutions face au changement climatique et aux autres enjeux mondiaux. Il s’agit de l’innovation et de l’adaptation.
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Parlant d’innovation et d’adaptation, on peut s’attendre à des débats autour du dessalement de l’eau de mer à énergie solaire, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la récupération de l’eau de pluie, de la restauration des aquifères et des systèmes d’irrigation intelligents, etc. Le Maroc a par exemple élaboré en 2019 un Plan national de l’eau (PNE) prévoyant des solutions telles que la construction de stations de dessalement, la réutilisation des eaux usées et des transferts d’eau entre bassins. Le royaume chérifien s’appuie également sur son Plan national d’adaptation de l’eau à l’irrigation (PNAEPI 2020-2027) pour améliorer l’efficacité de l’irrigation agricole. Comme le Maroc, de nombreux autres pays misent sur des solutions alternatives pour face au défi hydrique. Il s’agit notamment de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte.
Ce qui freine l’innovation aujourd’hui est le manque de ressources, les problèmes de gouvernance et de coordination, et la faible infrastructure, tandis que l’adaptation nécessite des solutions adaptées au contexte local, des transferts de technologie et une meilleure gestion intégrée des ressources. C’est en résolvant ces problèmes qu’on pourra véritablement avancer dans la lutte contre la crise mondiale de l’eau, l’un des défis les plus urgents du 21e siècle. C’est à cela que atèle l’Association international des ressources en eau depuis 1973, à travers ce congrès triennal.
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