À l’occasion du Forum Ambition Africa 2025, Afrive a rencontré Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-Présidente principale de la Banque africaine de développement (BAD), plus particulièrement chargée de la stratégie et de la gestion financière de la Banque, ainsi que de la mise en œuvre des mesures de sauvegarde environnementales et sociales.
Marie-Laure Akin-Olugbade a tout d’abord rappelé que la BAD s’est récemment dotée d’un nouveau Président, qui a fixé de nouvelles orientations stratégiques visant à rendre l’Afrique plus prospère et inclusive.
Depuis sa création en 1964, la BAD joue en effet un rôle majeur vis-à-vis du secteur privé, auquel des prêts sont accordés pour pouvoir contribuer au bien-être des populations africaines (amélioration des conditions de vie des jeunes et des femmes, grâce à la création d’emplois décents soutenue par l’investissement et la création d’entreprises).
Pour cela, la BAD s’attache à rechercher des financements « aux quatre points cardinaux », qu’il s’agisse de mobiliser des capitaux pour l’Afrique ou bien de réformer l’architecture financière du continent, grâce aux fonds souverains et aux sociétés d’assurance.
Les financements ainsi canalisés par la BAD sont ensuite redistribués en fonction des cinq priorités opérationnelles :
- Tout d’abord, la transformation structurelle, qui passe par le développement d’infrastructures permettant l’accès à l’énergie électrique (y compris les EnR – énergies renouvelables) de 300 millions d’africains (cf. « Mission 300 » de la Banque mondiale avec la BAD),
- Ensuite, la sécurité alimentaire fondée sur le développement d’une agro-industrie locale à partir de l’exploitation des ressources naturelles par des petits producteurs,
- Puis l’industrialisation, qui passe par le développement de zones industrielles (avec des hubs technologiques) et l’appui à des champions nationaux (par exemple, dans le domaine des engrais),
- Aussi, l’innovation (transfert de technologie dans tous les domaines, par exemple, l’Intelligence artificielle…).
- Enfin, l’intégration régionale avec une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) favorisée par la connectivité des transports, le développement de chaines de valeur et par la fibre, pour un marché de 1,3 milliard de personnes sans barrières tarifaires.
Comme le souligne Marie-Laure Akin-Olugbade, la BAD est en fait présente sur tout le continent, en particulier dans les environnements difficiles où elle met en œuvre ses priorités opérationnelles permettant de contribuer à :
- Améliorer la gouvernance des pays africains,
- Contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique, grâce à des pratiques respectueuses de l’environnement, en particulier dans les domaines de l’eau, de l’agriculture et des semences (40% des actions de la BAD sont menées aujourd’hui avec des financements climatiques)
Marie-Laure Akin-Olugbade est en fait particulièrement « optimiste sur la capacité de l’Afrique à financer elle-même ses propres projets », même si elle considère que les investisseurs devraient être quelque peu plus « audacieux » par rapport à un continent où 21 pays (sur 54) ont un taux de croissance supérieur à 5% en 2025.
Par Denis Deschamps, pour Afrive
Newsletter
Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.