La nouvelle a été dévoilée aux Ghanéens le 14 avril 2026 par la vice-présidente Naana Jane Opoku-Agyemang du Ghana. Après plus de quinze ans d’efforts, le pays d’Afrique de l’Ouest a finalisé la création de sa première Aire marine protégée (AMP). « Il s’agit d‘une zone protégée dotée de ressources suffisantes et dont les règles sont rigoureusement appliquées préservera des écosystèmes vitaux et contribuera à garantir les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de millions de Ghanéens pour les générations à venir», indique l’Environmental Justice Foundation (EJF).
La zone désignée couvre 703 km2 autour du Cap des Trois Pointes, à l’extrême sud du Ghana. Il s’agit du site de frai et de nourricerie essentiel pour les pêcheries de petits pélagiques, ciblant les espèces évoluant près de la surface de l’eau. La zone a été identifiée comme un espace clé pour la reconstitution des populations halieutiques en déclin.
«L’Aire marine protégée sera organisée autour d’une zone centrale entièrement interdite à la pêche, entourée de secteurs où la pêche et d’autres activités pourront se poursuivre, mais sous réglementation stricte», a déclaré Benjamin Campion, de la Commission des pêches du Ghana.
Relancer le secteur halieutique ghanéen
La pêcherie au Ghana est en crise, menacée par une surexploitation chronique, une pêche illicite et la pêche intensive, entraînant une chute drastique des stocks de petits poissons essentiels à la sécurité alimentaire. les petits pélagiques constituant la principale source de protéines animales pour la population.
L’AMP vise donc à assurer la protection à long terme des habitats essentiels, afin de favoriser la reconstitution durable et la résilience des ressources halieutiques marines au fil du temps. Une bonne nouvelle quand on sait que ce projet a été freiné après des coupes budgétaires massives imposées à l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), l’un des principaux soutiens au renforcement de la réglementation du secteur halieutique au Ghana, notamment pour la mise en place de cette zone de biodiversité.
Stephen Kankam de l’ONG ghanéenne Hen Mpoano, engagée dans la planification et la conception de l’AMP, a salué la contribution des communautés locales, qui ont également joué un rôle central dans le processus de désignation de l’AMP, en contribuant à l’identification des zones de pêche et des sites de reproduction.
La désignation de la première AMP du Ghana fait suite à l’adoption d’une série de mesures de conservation pour alléger la pression sur les stocks de sardinelles (Sardinella spp.), d’anchois (Engraulis encrasicolus) et de maquereaux (Scomber japonicus). Celles-ci incluent les fermetures saisonnières de la pêche, un moratoire de trois ans imposé en 2023 sur l’entrée de nouvelles pirogues dans la pêcherie artisanale, une directive encadrant les engins de chalutage, ainsi que la reclassification et l’enregistrement de l’ensemble des navires de pêche.
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