Le Kenya écrit une nouvelle page de son histoire industrielle et environnementale. Le 3 novembre 2025, la Kenya Electricity Generating Company (KenGen) a officialisé un partenariat majeur avec le groupe chinois Kaishan pour la construction d’une usine d’engrais verts, entièrement alimentée par l’énergie géothermique. Implantée au cœur du KenGen Green Energy Park, à Olkaria, cette installation bénéficiera d’une capacité de 165 MW sur une durée de 30 ans, faisant du Kenya le premier pays africain à industrialiser la production d’engrais à partir d’une source d’énergie renouvelable.
L’usine, opérée par Kaishan Terra Green Ammonia Limited, filiale locale de Kaishan, aura une capacité de production annuelle estimée entre 200 000 et 300 000 tonnes d’engrais verts. Une quantité suffisante pour répondre à une partie significative des besoins nationaux, tout en réduisant la dépendance aux importations et en limitant l’empreinte carbone du secteur agricole.
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Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des ressources locales et de diversification économique. Le président kenyan, William Ruto, a salué cette initiative comme une preuve de l’ambition du pays à créer de la valeur ajoutée à partir de ses atouts naturels : « Le Kenya ne se contente plus d’être un producteur et un consommateur d’énergie propre. Nous allons plus loin en transformant notre géothermie en levier de développement agricole et en contribution aux objectifs climatiques mondiaux. »
L’annonce intervient dans un contexte de performance financière remarquable pour KenGen. Pour l’exercice clos le 30 juin 2025, l’entreprise publique, cotée à la Bourse de Nairobi, a enregistré une hausse de 54 % de son bénéfice net, atteignant 10,48 milliards de shillings kényans (environ 81 millions de dollars), contre 6,8 milliards en 2024. Cette progression s’explique par une optimisation des coûts et une efficacité opérationnelle accrue, permettant à KenGen de produire 8 482 GWh d’électricité en 2025, soit une augmentation de 1 % par rapport à l’année précédente.
Avec une capacité installée de 1 786 MW, majoritairement issue de la géothermie, KenGen confirme son rôle central dans la transition énergétique du pays. L’entreprise poursuit activement sa stratégie G2G 2034, axée sur le développement des énergies renouvelables et la diversification de ses revenus. Plusieurs projets sont en cours, totalisant 253 MW de capacité supplémentaire, tandis que KenGen étend son influence régionale, notamment en Tanzanie.
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La production d’engrais verts s’inscrit ainsi dans une vision globale : réduire les coûts pour les agriculteurs, sécuriser l’approvisionnement national et positionner le Kenya comme un acteur clé de l’industrialisation verte en Afrique de l’Est. Dans une région où les besoins en engrais restent élevés, cette initiative pourrait inspirer d’autres pays à exploiter leurs ressources renouvelables pour stimuler leur développement économique et agricole. En combinant innovation technologique, performance financière et engagement environnemental, le Kenya trace une voie originale pour concilier croissance économique et durabilité. Le projet d’engrais verts géothermiques illustre cette approche intégrée, où chaque maillon de la chaîne de valeur – de la production d’énergie à la transformation industrielle – contribue à renforcer la résilience du pays face aux défis climatiques et économiques. À l’heure où l’Afrique cherche à accélérer son industrialisation tout en limitant son impact environnemental, l’exemple kenyan montre qu’une autre voie est possible : celle d’une croissance inclusive, ancrée dans les réalités locales et tournée vers l’avenir.
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