La Mauritanie, le Mali et le Sénégal, situés en Afrique de l’Ouest, se partagent les eaux du bassin du fleuve Sénégal, gérées par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) depuis 1992, afin d’assurer la répartition équitable pour l’irrigation, l’énergie et l’eau potable. Ce qui n’est pas toujours le cas en raison des tensions liées notamment à l’impact négatif des barrages de l’OMVS (Diama et Manantali) sur l’agriculture traditionnelle.
C’est conscients des défis qui restent à relever pour une gestion concertée des eaux du bassin du fleuve Sénégal (long de 1 700 à 1 800 km) que les gouvernements de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal ont lancé récemment le projet régional «investissement transfrontalier autour de l’eau, de la sécurité climatique et de la consolidation de la paix dans les espaces frontaliers de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal». «Ce projet ambitieux qui place la gestion concertée de l’eau au cœur des efforts de prévention des conflits et de résilience climatique dans les zones frontalières, traduit un engagement politique fort en faveur de la coopération transfrontalière et d’une approche collective face aux défis climatiques et sécuritaires partagés», indique l’Organisation des Nations unies (ONU) en Mauritanie.
Près de 690 000 personnes bénéficiaires
Financée par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) à hauteur de 7 millions de dollars américains. Cette initiative sera mise en œuvre sur une période de 24 mois, conjointement par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le projet cible les zones frontalières exposées à des vulnérabilités multidimensionnelles liées au changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau, dans les régions suivantes : Guidimakha, Gorgol, Assaba et Hodh El Gharbi (Mauritanie), Kayes et Nioro (Mali), ainsi que Tambacounda, Matam et Kédougou (Sénégal).
Les travaux porteront sur la construction et la réhabilitation des infrastructures hydrauliques, le renforcement des mécanismes communautaires de prévention et de gestion des conflits liés à l’accès à l’eau, et la consolidation des systèmes d’alerte précoce, afin d’anticiper les chocs climatiques. L’initiative s’inscrit dans un contexte de pression démographique et d’intensification des aléas climatiques.
En tout, plus de 151 000 personnes, entres autres des femmes, des enfants, des jeunes et des populations transhumantes bénéficieront directement du projet de gestion durable de l’eau transfrontalière en Afrique de l’Ouest , et indirectement à plus de 535 000 personnes vivant dans les zones frontalières des trois pays, soit quelque 686 000 bénéficiaires.
Fait majeur à noter tout de même, la Guinée est absente de ce projet de coopération lance le 19 janvier 2025, elle qui est pourtant un acteur clé du bassin du fleuve Sénégal, jouant le rôle de « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest. Peut-être cette absence a t-elle un rapport avec la suspension de sa participation à l’OMVS en juillet 2023, 17 ans après l’avoir rejointe en 2006, estimant que ses intérêts stratégiques, notamment sur le projet de barrage de Koukoutamba, n’étaient pas assez pris en compte. Actualité à suivre…
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