AFRIQUE : avant la COP17, WWF alerte sur la chute de 80 % des populations d’animaux sauvages depuis 1970

Le dernier rapport «Planète vivante» du Fonds mondiale pour la nature (WWF), publié le 8 octobre 2026, fait un constat troublant. La taille des populations d’espèces sauvages en Afrique a diminué en moyenne de 80%  entre 1970 et 2022, les espèces d’amphibiens, d’oiseaux, de poissons, de mammifères et de reptiles étant les plus touchées. Le rapport de l’ONG environnementale intervient deux semaines avant la COP17 sur la biodiversité, où les dirigeants du monde évalueront les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

L’Afrique enregistre, selon le rapport «Planète vivante» 2026 du Fonds mondial pour la nature (WWF), le deuxième plus fort déclin régional (80 %) entre 1970 et 2022, après l’Amérique latine et les Caraïbes, où les populations d’animaux sauvages suivies ont chuté de 95 % en moyenne. Quant à la région Asie-Pacifique, elle enregistre un recul de 49 %, tandis que la moyenne mondiale s’élève à 73 %.  Ces chiffres s’appuient sur des données scientifiques issues du suivi de 35 803 populations et de 5 790 espèces d’amphibiens, d’oiseaux, de poissons, de mammifères et de reptiles, et établies par la société zoologique de Londres, qui suit l’évolution des populations d’animaux sauvages suivies plutôt que de calculer le nombre total d’animaux disparus, en partenariat avec WWF.

«Les espèces d’eau douce sont les plus touchées, avec une chute moyenne de 85 % de la taille de leurs populations», a indiqué WWF dans ses conclusions, qui interviennent à l’approche de la 17e réunion de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur diversité biologique, qui se tiendra à Erevan en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026.

Pourquoi cette rencontre est-elle importante ? parce qu’il y sera dressé le premier bilan mondial des progrès collectifs accomplis dans la mise en oeuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (KMGBF). L’accord historique adopté lors de la COP15, en décembre 2022 à Montréal, au Canada, vise à enrayer et à inverser la perte de la biodiversité sur la planète d’ici à 2030.

Les causes directes de cet effondrement en Afrique

D’ailleurs, les 23 cibles du cadre mondial intègrent des engagements visant à mettre fin aux extinctions d’espèces, causées par des activités humaines, et à favoriser le rétablissement des espèces menacées.

S’agissant des causes directes de la diminution des populations d’animaux sauvages sur le continent africain, WWF évoque le changement climatique, la destruction des habitats,  l’expansion agricole, l’exploitation forestière et minière, la chasse, le braconnage, la pollution, les espèces envahissantes et les maladies. Par exemple, entre 20 000 et 30 000 éléphants sont tués chaque année en Afrique, soit en moyenne, trois éléphants tués toutes les heures. Les populations d’éléphants de forêt du Bassin du Congo se sont effondrées de 62% de 2002 à 2011 principalement du fait du braconnage, de même que les populations de gorilles, notamment celles des gorilles des plaines de l’Ouest qui ont probablement déclinées de plus de 60% au cours des 20-25 dernières années, indique WWF France.

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Le WWF appelle notamment à réorienter davantage d’investissements vers la conservation et la restauration. Durrel Halleson, responsable des politiques et des partenariats au WWF Afrique, a déclaré que ces conclusions constituaient « un avertissement sévère, mais aussi un appel à une action de conservation durable et coordonnée sur le long terme».

Les données mondiales montrent aussi que la moitié des populations incluses dans l’indice est soit stable, soit en augmentation, même si les déclins enregistrés parmi les autres populations sont suffisamment importants, pour tirer fortement l’indice global vers le bas. Le Fonds mondiale pour la nature cite dans son dernier rapport, les tigres, les tortues, les thons et les éléphants, parmi les quatre espèces emblématiques qui sont en train de faire leur retour.

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Inès Magoum
Inès Magoum
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