Les efforts mondiaux de restauration écologique ont atteint un niveau inédit : 252 millions d’hectares selon l’ONU

Le 29 octobre 2026, l’Organisation des Nations unies (ONU) a publié un rapport qui révèle que 252 millions d’hectares de terres dégradées, réparties dans 149 pays dans le monde, dont en Afrique, font actuellement l’objet d’une restauration. L’institution internationale indique qu’il s’agit du plus grand effort mondial de restauration jamais recensé à ce jour, bien qu’insuffisant. L’étude de l’ONU est publiée alors que tient à Erevan, en Arménie, la 17e Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique (COP17).

Avant la fermeture de la COP17 sur la biodiversité qui se tient depuis le 19 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, l’Organisation des Nations unies (ONU) a publié son rapport intitulé « Le retour de la nature – intensifier la restauration des écosystèmes pour les populations et la planète ». Le document de 99 pages révèle que les pays du monde restaurent actuellement près de 252 millions d’hectares de terres dégradées. Les efforts de restauration enregistrés dans 149 pays, ont surtout été réalisés sur les aires terrestres, avec 232 millions d’hectares concernés, contre 11 millions d’hectares pour les eaux intérieures, et 5,7 millions d’hectares pour les eaux marines et côtières.

Le rapport publié conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), a été présenté lors d’un événement de haut niveau organisé dans le cadre de la COP17. « Aujourd’hui, nous assistons à la naissance de l’un des plus grands mouvements en faveur de la nature de l’histoire », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) après la publication de l’étude.

L’Afrique, classée 2e en matière de restauration terrestre

La restauration des écosystèmes est essentielle à la sécurité alimentaire et hydrique, à la résilience face au changement climatique, à l’emploi et au bien-être. Tous écosystèmes confondus, «l’Asie représente 192,2 millions d’hectares de la superficie totale répertoriée en cours de restauration, dont 127,4 millions d’hectares en Chine, suivie par l’Afrique avec 36,3 millions d’hectares, l’Europe avec 9,1 millions d’hectares, l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale avec 5,8 millions d’hectares, l’Amérique du Sud avec 5,4 millions d’hectares et l’Océanie avec 3,2 millions d’hectares», peut-on lire dans les conclusions de l’ONU. 

Dans la foulée, cinq initiatives exceptionnelles menées en Chine, en Colombie, en Éthiopie, en Italie et aux États-Unis ont été désignées « initiatives phares mondiales de restauration » des Nations unies à la COP 17, mettant ainsi en avant des actions de restauration couronnées de succès à travers le monde.

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« Cinq ans après le lancement de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030), le message est clair : la restauration fonctionne », a son tour déclaré QU Dongyu, directeur général de la FAO. Des études indiquent que la  restauration des écosystèmes terrestres a atteint près de la moitié de l’objectif mondial visant à ce que 30 % des écosystèmes terrestres dégradés soient en cours de restauration d’ici à 2030. Rappelons que la restauration de seulement 15 % des zones prioritaires mondiales permettrait de capter et de stocker 30 % des émissions équivalentes en dioxyde de carbone (CO₂) depuis la révolution industrielle et contribuerait à éviter 60 % des extinctions d’espèces.

Le rythme d’efforts doit tripler

« Pourtant, à mi-parcours de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, nous ne restaurons toujours pas la nature à l’échelle ni à la vitesse requises. D’ici à 2030, nous devons transformer ces initiatives inspirantes en une action à l’échelle du système, en passant à des économies de restauration qui protègent ce qui reste et restaurent ce qui a été dégradé », a par contre affirmé Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

L’ONU explique que le rythme d’efforts doit tripler pour atteindre les objectifs fixés à un milliard d’hectares. Le financements annuel consacré à la restauration devront quand à eux être multipliés par plus de quatre le annuel consacré à la restauration.

Outre la restauration de la nature qui peut consister par exemple à replanter des arbres, les avancées observées dans ce rapport ont aussi permis de faire progresser le nombre d’emplois dédiés, puisqu’un million de postes ont été créés, avec l’objectif d’atteindre 32 millions à l’horizon 2030.

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Inès Magoum
Inès Magoum
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