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COP 20 : la Cites maintient l’interdiction de commerce de 700 espèces animales et végétales

La 20ème conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) s’est refermée le 5 décembre dernier à Samarcande, en Ouzbékistan, après deux semaines de débats. Malgré des divergences persistantes observées, la protection instaurée par la Cites a été maintenue, évitant toute réouverture commerciale susceptible de mettre davantage en péril près de 700 espèces animales et végétales.

par Inès Magoum
COP20 : la Cites maintient l’interdiction de commerce de 700 espèces animales et végétales©vladimircech

La 20ème Conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) aura été une rencontre globalement encourageante pour la protection de la biodiversité, notamment en Afrique. À l’issue de deux semaines d’échanges et de négociations, des mesures concrètes ont été prises pour limiter l’impact négatif du commerce d’espèces sauvages sur la biodiversité.

L’une des mesures les plus acclamées est le renforcement de la protection pour plus de 70 espèces de requins. « Le requin baleine, le requin océanique, mais aussi les raies mantas sont désormais interdits de commerce international, a expliqué Susan Lieberman, la vice-présidente de la Wildlife Conservation Society (WCS). Et pour d’autres espèces de requins, le commerce est désormais encadré par la Cites, notamment ceux braconnés pour leur huile de foie. Le combat n’est pas fini, mais au moins on commence à avoir des règles, d’autant plus que toutes ces propositions ont été très largement adoptées».

À Samarcande, en Ouzbékistan, pays hôte de la COP 20, l’Okapi et le Mangabey à ventre doré, ainsi que plusieurs espèces de vautours, ont quant à eux vu leur commerce international totalement interdit, augmentant le nombre d’espèces dont le trafic est interdit par la Cites depuis déjà 50 ans, soit près de 700 espèces, sur les 40 000 espèces concernées par les décisions de la Cites.

Grande victoire pour les calaos, les vautours et les oiseaux chanteurs à la COP 20

Par ailleurs, les calaos africains ont remporté une victoire historique lorsque les Parties ont décidé à l’unanimité d’inscrire deux genres – regroupant neuf espèces de calaos – à l’Annexe II. Cette mesure renforce la surveillance du commerce et représente un engagement important des Parties en faveur de la conservation à long terme de ces oiseaux emblématiques. Elle établit également une certaine parité avec leurs cousins asiatiques, dont la plupart sont inscrits à l’Annexe II depuis les années 1990.

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La C0P 20 a également renforcé la protection des vautours africains, les vautours à dos blanc et les vautours de Rüppell étant transférés de l’Annexe II à l’Annexe I de la Convention, une mesure qui interdit pratiquement tout commerce international pour ces deux espèces, cruciales pour l’écosystème.  

Les Parties ont aussi convenu d’inscrire le pinson à gros bec d’Amérique du Sud à l’annexe I, tandis que cinq autres espèces de Sporophila ont été inscrites à l’annexe II. Il s’agit d’une étape importante dans la bonne direction pour la conservation du pinson, qui est inscrit comme espèce en danger sur la Liste rouge de l’UICN. Avant de rejeter  la proposition visant à transférer le faucon pèlerin de l’Annexe I à l’Annexe II, invoquant les défis actuels en matière de conservation, notamment la grippe aviaire et la poursuite des activités illégales de chasse, de capture et de commerce.

Ce rendez-vous de la biodiversité a également été l’occasion de prononcer l’interdiction du commerce international de plusieurs espèces commercialisées comme “animaux de compagnie” après des captures illégales dans le milieu naturel (tortues, iguanes, oiseaux chanteurs…). Par ailleurs, le commerce d’autres reptiles et oiseaux a été davantage réglementé afin d’en limiter l’impact sur les populations sauvages.

Le rejet de allègement du commerce de l’ivoire

Une autre demande qui a été rejetée à une majorité écrasante à Samarcande, est celle  de l’allègement des restrictions sur le commerce de l’ivoire, portée cette année par la Namibie. C’est une bonne nouvelle pour la protection des éléphants africains qui sont alors protégés contre le braconnage et le trafic illégal. Rappelons que l’interdiction du commerce international de l’ivoire est entrée en vigueur en 1989. Malgré cela, à chacune des COP, certains veulent alléger ces restrictions.

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Le projet du Sénégal d’intégrer la politique « une seule santé » dans le cadre de la Cites aussi n’est pas passée. Ce concept, adopté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), stipule que la bonne santé des écosystèmes et celle des personnes sont liées : lutter contre la déforestation par exemple, protège la nature mais également les humains en limitant le risque d’apparition de zoonoses, les maladies d’origine animale.

Toutes les décisions prises durant la COP 20 de la Cites devront être approuvées lors de la séance plénière finale et entreront en vigueur 90 jours après la clôture de la Conférence, qui aura rassemblé 164 pays, la plus grande participation jamais enregistrée selon la Cites.

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