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COP20 Cites : à Ouzbékistan, l’IFAW appelle à des mesures décisives pour protéger la faune et la flore

Trois jours après la clôture des négociations sur le climat à Belém au Brésil, la 20e Conférence des Parties (CoP) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a ouvert ses portes à Samarcande, en Ouzbékistan. Les enjeux sont nombreux, notamment l’augmentation de la protection de plusieurs espèces telles que les requins, des iguanes des îles Galapagos ou des geckos australiens. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) appelle à des mesures décisives pour protéger la faune et la flore.

par Inès Magoum
COP20 Cites : à Ouzbékistan, l’IFAW appelle à des mesures décisives pour protéger la faune et la flore©Cites

Depuis le 24 novembre 2025, les règles qui encadrent le commerce légal, préviennent le trafic illégal et promeuvent des solutions durables pour la conservation des espèces, se négocient  à Samarcande en Ouzbékistan. C’est dans le cadre de la 20e Conférence des Parties (CoP) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), qui se poursuivra jusqu’au 15 décembre prochain. À la table des négociations, se trouvent les dirigeants mondiaux, les organisations non gouvernementales (ONG), ainsi que les experts de la faune et de la flore, à l’instar du World Wildlife Fund (WWF).

«Nous serons particulièrement attentif aux propositions qui ont été déposées par l’Union européenne (notamment : requins et raies, anguilles), aux débats portant sur les espèces prioritaires du WWF (notamment : tigres, éléphants, tortues marines), et aux discussions relatives aux mécanismes de mise en œuvre de la convention par les Parties (ex : égalité entre les sexes, prévention de l’émergence de zoonoses)», indique WWF.

Les représentants du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) sont également à Samarcande et appellent à prendre des mesures décisives afin de protéger les espèces vulnérables, celles qui sont déjà au bord de l’extinction et celles qui sont également menacées sans mesures de protection immédiates.  Rappelons que depuis 50 ans, la Cites encadre le commerce international de plus de 38 000 espèces, en fixant des règles strictes pour éviter leur surexploitation. 

Inscrire le requin longimane à l’Annexe I de la Cites

Le fonds appelle ainsi les gouvernements à soutenir sept propositions visant à interdire ou à réglementer le commerce de produits issus de plusieurs espèces de requins et de raies, dont beaucoup sont classées comme menacées ou en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’International Union for Conservation of Nature (UICN). près de 28 % des espèces évaluées par l’IUCN sont aujourd’hui menacées d’extinction, et le commerce illégal international est l’un des principaux facteurs de leur déclin. Les éléphants, les rhinocéros, les pangolins, mais aussi des plantes comme les orchidées ou les cactus rares, sont parmi les victimes les plus emblématiques de ce phénomène.

Le requin longimane© Jim Abernethy

Parmi ces propositions, figure celle d’inscrire le requin longimane à l’Annexe I de la Cites, le plus haut niveau de protection, ce qui interdirait son commerce international. Autrefois l’un des requins les plus répandus au monde, le requin longimane est aujourd’hui en danger critique d’extinction, et pourtant toujours ciblé dans les eaux internationales. Le requin-baleine, essentiel à l’écotourisme marin dans de nombreux pays, mais menacé par le commerce de ses ailerons, est également proposé pour une inscription à l’Annexe I, aux côtés des raies manta et des raies diables, encore commercialisées en grand nombre pour leurs branchies utilisées en médecine traditionnelle.

La mise en place d’un quota d’exportation de poissons-guitares

Sur les 18 espèces de poissons-guitares et de poissons-guitares géants, 18 seulement sont aujourd’hui classées en danger critique d’extinction, principalement en raison de la forte demande pour leurs ailerons d’une valeur exceptionnelle. L’IFAW soutient la mise en place d’un quota d’exportation annuel nul afin de suspendre temporairement leur commerce. Cela permettrait à ces espèces de se rétablir et d’atteindre un niveau rendant possible un commerce durable.

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Le requin-hâ et le requin-hâ sont proposés pour inscription à l’Annexe II, ce qui permettrait de mieux réglementer le commerce de ces espèces menacées. Le requin-hâ est largement utilisé dans le commerce mondial de sa chair et de ses ailerons, tandis que le requin-hâ, qui vit en eaux profondes, est ciblé pour son huile de foie, prisée dans les industries cosmétique et pharmaceutique.

Commerce d’animaux exotiques

L’IFAW exhorte aussi les gouvernements à soutenir la proposition de transférer les iguanes des Galapagos de l’Annexe II à l’Annexe I. Cette mesure protégera cette espèce endémique de la menace que représente le commerce illégal d’animaux de compagnie et permettra de mieux contrôler les allégations illégitimes de commerce d’animaux nés en captivité.

un gecko à queue en feuille australiens©IFAW

Les geckos à queue en feuille australiens sont également proposés à l’inscription à la Cites. Ces espèces continuent d’être mises en vente sur les plateformes numériques et lors de salons animaliers, malgré l’absence de permis d’exportation pour le commerce d’animaux vivants à des fins commerciales, ce qui démontre que les trafiquants sont prêts à tout pour se procurer ces créatures rares.

Le rejet de la rouverture du commerce d’ivoire

Enfin, l’IFAW exhortera une nouvelle fois les gouvernements à rejeter les propositions visant à autoriser la vente des stocks d’ivoire d’éléphant et de corne de rhinocéros détenus par l’État.

Un éléphant d’Afrique avec de longues défenses balayant le sol dans les plaines du parc national d’Amboseli, au Kenya© Donal Boyd

Les délégations des 183 pays signataires de la convention internationale, contre le trafic d’espèces sauvages se prononceront aussi sur l’ouverture partielle de ce commerce d’ivoire, une position poussée par certains pays mais rejetée par d’autres qui pensent qu’autoriser le commerce partiel de l’ivoire fera avancer le braconnage qui est la principale cause du déclin des éléphants. Au fil des années, limitation de ce commerce par le Cites a fortement contribué à la reconstitution d’une population d’éléphants en limitant l’exploitation commerciale. Il y a aussi chaque année des propositions de rouvrir le commerce des cornes de rhinocéros, et à chaque fois elles sont rejetées.

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À Samarcande, il faudra également s’entendre sur la proposition européenne de placer les anguilles japonaises et américaines sur la liste des espèces pas encore menacées, mais dont le commerce est réglementé pour éviter qu’elles ne le deviennent. 

Enfin, il faudra œuvre de persuasion envers les pays asiatiques où le commerce des alevins est très populaire, mais menace plusieurs espèces. Au total, les discussions porteront 51 propositions de classements d’espèces, aussi bien terrestres qu’aquatiques, animales que végétales.

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