Le 8 décembre 2025, l’Eswatini a franchi une étape décisive dans sa quête d’indépendance énergétique. À Enduma, en présence de membres de la famille royale, de représentants gouvernementaux et d’acteurs clés du secteur, le site du projet solaire Tsamela de 20 MW a été officiellement lancé. Ce projet, développé par Anthem et financé en partie par Standard Bank, s’inscrit dans le cadre d’un programme national visant à installer 75 MW de capacité solaire d’ici 2027. Un accord d’achat d’électricité de 25 ans a été signé avec l’Eswatini Electricity Company, garantissant ainsi la viabilité économique de l’initiative.
La construction de la centrale, prévue pour débuter entre janvier et février 2026, devrait s’achever d’ici juillet ou août 2027. Avec un investissement dépassant les 400 millions de lilangenis (soit environ 23,5 millions de dollars), le projet est structuré de manière à impliquer activement les acteurs locaux : 30 % du capital est réservé à des investisseurs nationaux, et 30 % de la dette sera levée sur place. Une fois opérationnelle, la centrale produira près de 48 000 MWh par an, ce qui permettra de compenser environ 4,8 % des importations actuelles d’électricité.
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Un enjeu stratégique pour l’Eswatini
L’Eswatini, bien que bénéficiant d’un taux d’accès à l’électricité parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne (86,4 % en 2023 selon la Banque mondiale), reste fortement dépendant des importations pour répondre à sa demande. En 2023, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estimait que 71,7 % de la consommation électrique du pays provenait de l’extérieur, soit plus de 1 000 GWh, tandis que la production locale se limitait à 601 GWh, dominée par l’hydroélectricité et les bioénergies. Le solaire, quant à lui, ne représentait que 4 % du mix énergétique.
Face à cette situation, le gouvernement a fixé un objectif ambitieux : réduire la part des importations de 80 % à 20 % d’ici 2025. Pour y parvenir, le déploiement de projets solaires comme Tsamela est considéré comme une priorité absolue. En plus de renforcer la sécurité énergétique, ces initiatives devraient créer des emplois locaux (150 postes prévus pendant la construction et 10 en phase d’exploitation) et stimuler l’économie nationale.
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Le projet Tsamela n’est que le premier d’une série de cinq centrales solaires prévues dans le cadre du programme national. D’autres projets, portés par des acteurs comme Innovent (10 MW), Voltalia (15 MW) et Sturdee Energy (15 MW chacun), suivront dans les mois à venir. Ensemble, ils contribueront à diversifier le mix énergétique et à réduire la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des prix de l’électricité importée. L’Eswatini se positionne ainsi comme un exemple en Afrique australe, où la dépendance aux importations d’électricité reste un défi majeur pour de nombreux pays. En misant sur les énergies renouvelables, le pays espère non seulement sécuriser son approvisionnement, mais aussi inspirer d’autres nations à suivre une voie similaire. Selon les dernières projections, si les objectifs sont atteints, l’Eswatini pourrait devenir l’un des rares pays du continent à réduire significativement sa dépendance énergétique extérieure d’ici la fin de la décennie.
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