Un potentiel économique colossal a été identifié par le gouvernement camerounais dans l’agriculture biologique. Selon les données du Research Institute of Organic Agriculture (FiBL) et de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), le marché des produits bio a connu une croissance fulgurante, atteignant 136 milliards d’euros sur les quatre dernières décennies. Face à cette opportunité, le pays a décidé d’agir en déposant un projet de loi visant à réglementer la production, la transformation et la commercialisation des aliments bio, tant pour la consommation humaine qu’animale.
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Par cette initiative, il s’agit de professionnaliser une filière encore largement informelle. Les produits concernés sont nombreux : cacao, café, coton, fruits et légumes, vivriers, miel, poivre, patate douce, cire d’abeille, citronnelle ou encore beurre de karité. Tous pourront, à terme, bénéficier d’une meilleure visibilité et d’une rentabilité accrue sur les marchés internationaux.
La production biologique est ici définie comme un système respectueux des équilibres naturels, excluant les intrants chimiques de synthèse et les OGM. Au-delà de l’aspect économique, le gouvernement souligne les bénéfices environnementaux. En encadrant les pratiques, la loi devrait favoriser des techniques agricoles plus résilientes face aux dérèglements climatiques. Un enjeu de taille, quand on sait que les pertes agricoles liées au climat ont atteint 6 710 milliards FCFA (soit 11,9 milliards USD) entre 1980 et 2022, représentant plus de 24 % du PIB national.
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Pour concrétiser cette ambition, plusieurs leviers seront actionnés : l’élaboration de normes nationales alignées sur les standards internationaux, la mise en place de dispositifs de certification et d’accréditation, ainsi que le renforcement de la traçabilité et des contrôles. Des laboratoires reconnus et un appui technique aux petits producteurs viendront compléter le dispositif. À ces conditions, le Cameroun pourra non seulement diversifier ses exportations, mais aussi renforcer la résilience de ses systèmes agricoles. L’adoption de cette loi marque donc une étape décisive. Elle pourrait permettre au pays de s’imposer comme un acteur majeur sur la scène bio mondiale, tout en répondant aux défis climatiques et économiques de demain.
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