Au cœur d’un vaste réseau couvrant douze pays africains, le Cameroun s’est doté d’un outil numérique ambitieux pour protéger sa faune et ses écosystèmes. La plateforme « Legal Hub », officiellement lancée à Yaoundé, a été conçue pour centraliser les analyses juridiques et les cadres politiques relatifs à la chasse non durable. Son objectif : offrir aux décideurs, aux communautés locales et aux acteurs de la conservation un accès simplifié aux informations essentielles pour lutter contre le braconnage et garantir une exploitation responsable des ressources fauniques.
L’urgence d’agir a été soulignée par Joseph Nyongwen, secrétaire général du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF). Selon lui, l’utilisation non maîtrisée de la faune sauvage met en péril la sécurité alimentaire, les revenus des populations rurales et la survie d’espèces déjà vulnérables. Ces communautés, souvent dépendantes des forêts, subissent en effet une concurrence accrue de la part des réseaux de braconnage, des travailleurs forestiers et des flux migratoires, ce qui réduit drastiquement leurs ressources alimentaires et économiques.
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Pour Antonio Luís Querido, représentant de la FAO, « Legal Hub » représente bien plus qu’un simple outil technique. Il s’agit d’un levier stratégique de justice environnementale, permettant de répondre aux enjeux de durabilité par des approches collaboratives et inclusives. La plateforme s’inscrit ainsi dans le Programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM), financé par l’Union européenne, le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et l’Agence française de développement (AFD). Ce programme, actif dans 16 pays, est mis en œuvre au Cameroun en partenariat avec le Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIFOR-ICRAF).
Intégrée à la loi sur les forêts et la faune de 2024, récemment renforcée, la plateforme permettra d’élargir les droits des communautés locales, de renforcer la lutte contre le braconnage et d’aligner le Cameroun sur les normes internationales en matière de biodiversité. Pour y parvenir, le MINFOF a mobilisé des consultants juridiques, des points focaux gouvernementaux et des acteurs locaux, afin de garantir une mise en œuvre adaptée aux réalités du terrain.
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À terme, « Legal Hub » devrait favoriser la transparence, améliorer la connaissance juridique et renforcer la justification économique de la gestion durable de la faune. Le ministère table sur un impact significatif : orientation des réformes nationales, attraction d’investissements dans l’écotourisme, la recherche sur la biodiversité et les activités économiques forestières. Ainsi, le Cameroun se positionne comme un acteur clé de la gouvernance environnementale, alliant innovation numérique, croissance durable et résilience communautaire.
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