BirdLife International alerte sur une diminution inquiétante des populations d’oiseaux migrateurs empruntant chaque année la voie de migration Est-Atlantique. Selon Geffroy Citegetse, responsable au sein de l’organisation, les effectifs de ces espèces auraient chuté de 40 % au cours des dernières années.
Cette voie de migration, l’une des plus importantes au monde, constitue un vaste corridor écologique reliant l’Arctique à l’Afrique du Sud. Elle traverse les zones humides d’Europe occidentale et d’Afrique de l’Ouest, accueillant chaque année des millions d’oiseaux migrateurs en route vers leurs zones de reproduction. BirdLife International, organisation mondiale dédiée à la protection de la nature et des oiseaux, suit de près l’évolution de ces populations.
S’exprimant à Dakar lors d’un atelier consacré à l’ornithologie, à l’écologie et à la gestion côtière, Geffroy Citegetse a indiqué que les études menées par BirdLife International tous les trois ans montrent un déclin continu. « Certaines espèces d’oiseaux migrateurs sont menacées. D’autres ont vu leurs effectifs baisser. Sur le terrain, on observe carrément que les effectifs diminuent par rapport aux années précédentes, une réalité constatée également par les communautés le long de la voie Est-Atlantique », a-t-il expliqué.
Face à l’interconnexion des zones humides de ce corridor écologique, le responsable de BirdLife a insisté sur la nécessité de renforcer les collaborations scientifiques. Il appelle à une mise en réseau des pays et des universités situés le long de la voie migratoire pour mener des recherches coordonnées et plus efficaces. L’atelier réunit d’ailleurs des experts venus de huit universités, avec l’objectif de créer une connectivité durable entre institutions académiques spécialisées dans l’étude des oiseaux migrateurs.
« Nous voulons renforcer les compétences locales dans la recherche ornithologique et l’écologie côtière, afin d’assurer la protection durable des oiseaux migrateurs et la préservation des sites critiques », a ajouté Geffroy Citegetse.
Le constat est partagé par plusieurs chercheurs présents à l’atelier. El Hacen Mohamed Hacen, de l’université de Groningue aux Pays-Bas, a confirmé une tendance générale à la baisse des populations d’oiseaux migrateurs entre l’Europe et l’Afrique. « Il y a globalement une diminution des effectifs d’oiseaux qui migrent entre l’Europe et l’Afrique », a-t-il observé, tout en reconnaissant que les causes scientifiques précises restent encore à déterminer. Toutefois, le chercheur évoque le changement climatique et la dégradation des habitats comme facteurs probables.
L’atelier organisé par BirdLife International s’inscrit dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience climatique des sites critiques d’oiseaux migrateurs et des communautés vivant le long de la voie de migration Est-Atlantique. Il se poursuit jusqu’à mercredi et vise à renforcer la coopération scientifique et à proposer des pistes de solutions pour enrayer le déclin observé.
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