En août, Philippe Tonangoye, ministre gabonais de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, a indiqué qu’environ 3,3 milliards USD par an pendant sept ans seraient nécessaires pour moderniser et étendre les infrastructures d’électricité du pays.
La Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) appelle à une mobilisation nationale pour endiguer la fraude énergétique, responsable d’une perte annuelle estimée entre 30 et 40 milliards de francs CFA (soit environ 49 à 66 millions USD).
Citant son directeur général, Steeve Saurel Legnongo, la presse gabonaise a rapporté, mercredi 29 octobre, que près du quart de l’énergie injectée dans le réseau national n’est pas facturée, en raison de branchements illégaux ou de compteurs trafiqués. Dans la seule zone du Grand Libreville, ces détournements représentent plus de 2 milliards de francs CFA, soit environ 3,3 millions USD, de manque à gagner mensuel pour l’opérateur public.
L’entreprise estime que ces pratiques compromettent la stabilité financière et la qualité du service public d’électricité. Déjà fragilisée par une situation budgétaire tendue, la SEEG avait été placée sous administration provisoire en août 2024 à la suite de difficultés de gestion et de tensions de trésorerie. Cette mesure levée fin mai 2025, visait à rétablir l’équilibre financier et à renforcer la gouvernance interne.
La direction a indiqué avoir engagé un plan de riposte consistant d’abord en un renforcement des contrôles de terrain, avec des opérations de régularisation menées dans plusieurs régions du pays. En 2024, sur 780 installations inspectées à Libreville, 209 cas de fraude ont été répertoriés en trois jours, selon les médias locaux.
Ensuite, la SEEG prévoit le déploiement de compteurs intelligents destinés à détecter automatiquement les anomalies de consommation. Mesure soutenue par une campagne de sensibilisation visant à informer les ménages et les entreprises des risques encourus et à promouvoir une consommation responsable.
La réussite de la lutte contre la fraude énergétique dépendra ainsi de la mise en œuvre effective des mesures annoncées et de l’adhésion de la population. La SEEG espère, à travers ce plan, récupérer une part des recettes perdues chaque année et rétablir la confiance entre les usagers et le service public.
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