Financé par l’Union européenne et coordonné par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), ce projet ambitieux vise à soutenir la transition agroécologique dans cinq pays de la région, dont le Burkina Faso. Porté au niveau national par l’UJKZ, le projet RADiUS couvrira la période 2025-2028 et a pour ambition de renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaire, nutritionnelle et économique à travers des pratiques agricoles plus résilientes face aux défis environnementaux.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la dégradation des sols, l’érosion de la biodiversité et la faible productivité agricole, le passage à une agriculture durable devient une nécessité. L’agroécologie, qui repose sur des pratiques respectueuses de l’environnement, apparaît comme une alternative viable. Toutefois, son adoption reste encore marginale, faute d’un encadrement structuré et de formations adaptées.
C’est pour combler ce fossé que le projet RADiUS a été conçu. Il entend renforcer la diffusion des innovations agroécologiques, améliorer les capacités des acteurs du secteur et créer un cadre légal favorable à la transition agroécologique.
Selon le Pr Antoine Sanon, coordonnateur national du projet au Burkina Faso, les activités s’articuleront autour de trois axes majeurs : la création d’une plateforme régionale de connaissances en agroécologie visant à centraliser et à partager les savoirs disponibles ; le renforcement des capacités à travers des formations continues, académiques et techniques destinées aux acteurs du secteur ; et la mise en place d’un cadre institutionnel et légal propice à l’adoption de l’agroécologie, grâce à des actions de plaidoyer et de communication ciblées.
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Le projet prévoit des retombées directes et mesurables pour le pays : création d’une base de données nationale et d’un catalogue de connaissances agroécologiques ; formation de 50 formateurs et renforcement de capacités pour 300 à 500 producteurs agricoles ; octroi de 10 bourses de master 2 pour soutenir la recherche en agroécologie ; incubation de 10 jeunes et femmes en entrepreneuriat agroécologique ; organisation d’émissions télévisées, vitrines agroécologiques, séances de sensibilisation et de plaidoyer auprès des décideurs.
Pour le Pr Jean François Silas Kobiané, président de l’UJKZ, RADiUS s’inscrit parfaitement dans la vision stratégique de l’université, qui souhaite renforcer son impact sur le développement national : « Plus qu’un projet, RADiUS est une vision d’avenir pour notre agriculture. Il intègre production, protection de l’environnement et bien-être des communautés rurales. Il nous permet de contribuer concrètement à la résolution des défis socioéconomiques du pays. »
Adama Boro, représentant du secrétaire général du ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques, a salué l’initiative, soulignant sa cohérence avec les politiques nationales en vigueur : « L’agriculture burkinabè doit être repensée pour répondre aux défis actuels. L’agroécologie offre une alternative crédible et durable. Le projet RADiUS vient renforcer l’initiative présidentielle pour l’autosuffisance alimentaire et l’offensive agropastorale 2023-2025. »
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Un atelier technique se tient les 7 et 8 août 2025, réunissant tous les partenaires de mise en œuvre pour planifier les actions concrètes et définir les contributions de chaque acteur.
Avec RADiUS, le Burkina Faso se dote d’un levier structurant pour impulser une véritable transition agroécologique, à la croisée des chemins entre souveraineté alimentaire, résilience environnementale et inclusion socio-économique.
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