Inès Magoum : Le Sénégal est l’un des pays les plus avancés en matière d’accès à l’assainissement en Afrique, quelle est votre démarche ?
Séni Diène : Il faut dire que toute réalisation commence d’abord par la mise sur pied d’un Plan directeur d’assainissement (PDA). Aussi, quand nous pensons à un projet, nous pensons d’abord élaboration d’un PDA. Nous avons ainsi mis sur pied des PDA pour l’ensemble de nos grandes villes. C’est après cette étape que nous portons le plaidoyer non seulement auprès des autorités étatiques, mais aussi auprès des partenaires techniques et financiers.
IM : Quelle est la vision de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) pour 2026 ?
Spécifiquement, c’est le développement de l’économie circulaire. Nous sommes présentement en train de jeter les bases de l’économie circulaire au Sénégal, qui consiste en la réutilisation des eaux usées traitées à un niveau secondaire ou tertiaire, dans les activités agricoles, dans les bâtiments et travaux publics (BTP), dans l’arrosage des jardins et dans de nombreux autres domaines. Ce qui, dans un contexte de rareté de la ressource en eau conventionnelle, participerait à diminuer la pression exercée actuellement elle.
Vous n’êtes pas sans savoir que certaines personnes utilisent l’eau destinée à la consommation pour arroser des jardins et bien d’autres. Réutiliser les eaux usées traitées dans le cycle économique et sociale permettrait effectivement de réduire la pression sur les ressources en eau.
IM : Aujourd’hui vous participez au 23e Congrès international et exposition de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA). Dans quel but ?
D’abord partager notre expérience dans le domaine de l’assainissement avec le reste de l’Afrique. Il est question aussi de faire un état des lieux afin de voir ce qui reste à faire pour atteindre les objectifs de 2030 en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.
Si nous nous retrouvons ici au Cameroun, c’est aussi en perspective à la Conférence de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur l’eau, coorganisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis (EAU), qui se tiendra du 2 au 4 décembre 2026 aux Émirats arabes unis. Il faut dire que cette rencontre constituera le lieu de rendez-vous de plusieurs bailleurs de fonds, plusieurs partenaires techniques et financiers, qui pourraient au terme trouver des partenaires, qui pourraient nous appuyer dans le financement de nos projets d’eau et d’assainissement de manière générale au Sénégal.
IM : Quel conseil vous donneriez aux pays qui sont encore bien en retard en matière d’accès à l’assainissement en Afrique ?
Pas des conseils. Nous sommes bien avancés certes, mais derrière également par rapport à d’autres pays, parce que l’objectif n’est pas encore atteint. Peut-être les soutenir dans le domaine de la conception, partager avec eux notre expérience de façon à ce qu’ils puissent aller beaucoup plus vite et aboutir à de meilleurs résultats.
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