Ce lundi 9 février 2026, le Palais des Congrès de Yaoundé, au Cameroun était paré de bleu et de blanc, en référence à la ressource bleue qui est «l’eau».. En effet, l’eau, ainsi que l’assainissement, sont au cœur du 23e Congrès international et exposition de l’Association africaine de l’eau et de assainissement (AAEA), lancé ce jour par le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, sous le haut patronage du président de la République du Cameroun, Paul Biya.
Au côté du ministre, l’on a noté la présence d’imminentes personnalités à l’instar du ministre camerounais de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lee; de la ministre de l’Habitat et du Développement urbain du Cameroun, Célestine Ketcha Courtès; de Cheikh Tidiane Dieye, ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, par ailleurs président de l’African Ministers’ Council on Water (AMCOW); de Blaise Moussa, président l’AAEA et Directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater), qui co-organise cette rencontre internationale. C’est dire l’importance que revêt un tel événement, et l’AAEA n’a pas manqué de le rappeler à travers ses différentes prises de paroles.

«L’eau et l’assainissement ne sont pas des privilèges, mais des droits fondamentaux. Leur accès universel relève donc de notre responsabilité à tous», a déclaré le directeur exécutif de l’AAEA, Olivier Gosso, avant d’ajouter que ces secteurs revêtent une importance stratégique pour l’avenir du continent africain. Car, l’eau constitue un pilier fondamental du développement durable, de la résilience climatique, des activités sociales et de la santé publique».
Traduire les engagements en actions concrètes
Ainsi, le thème retenu pour ce congrès, à savoir : «Eau et Assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », ne devra être ni un slogan, ni une formule. Il devra constituer une interpellation directe et un appel à l’action collective. Car, en Afrique, l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement demeure une promesse encore inachevée. Plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable et à l’assainissement, et plus de 800 millions d’Africains sont privées d’un service d’assainissement de base, et plus d’un Africain sur trois vit dans des zones soumises au stress hydrique, déplore l’AAEA. Conséquences, ce sont des vies fragilisées, des écoles sans eau, ni installations d’assainissement, des centres de santé vulnérables et des économies locales entravées.
Parlant d’actions fortes, c’est d’accepter un changement de paradigme. L’eau et l’assainissement ne peuvent plus être perçus comme des secteurs sociaux marginaux, dépendant de projets ponctuels et de financements factuels. Ce sont des secteurs stratégiques au même titre que l’énergie, les transports, etc. Il positionne la sécurité alimentaire, la productivité économique, la paix sociale, la résilience climatique et autres.
Les financements suivant la vision, la préparation et la crédibilité, il faudra mobiliser davantage de financements pour soutenir les projets d’eau et d’assainissement en Afrique. Selon l’AAEA, le continent a un besoin d’un financement de plus de 50 milliards de dollars par an.
Un plaidoyer fait auprès des instances politiques
«Nous souhaitons donc faire de ce 23e congrès organisé à Yaoundé un moment fondateur, un véritable point de bascule, marquant l’ouverture d’une nouvelle ère pour l’AAEA, et pour l’ensemble du secteur de l’eau et de l’assainissement», a déclaré Blaise Moussa, à la tête de l’AAEA depuis février 2025, devant des milliers d’invités, venus de part le monde (45 pays représentés au Palais des Congrès).
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C’est ainsi qu’il a demandé aux ministres de se joindre à l’AAEA pour qu’un appel fort soit lancé et un plaidoyer important soit fait pour l’association devienne véritablement le bras opérationnel des instances politiques africaines en matière de l’eau et d’assainissement . «Nous souhaitons que vous puissiez faire un plaidoyer auprès de l’Union africaine (UA), en sorte que l’association devienne un membre observation, mais aussi une agence d’exécution», a t-il entre autres déclaré. L’AAEA espère ainsi renforcer sa capacité d’actions et assurer pleinement la responsabilité qui est la sienne face aux défis majeurs de l’eau et de l’assainissement en Afrique.
Le congrès va se poursuivre jusqu’au 13 février prochain.
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