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Les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé, le 1er octobre à Alger, en Algérie, la Déclaration ministérielle concernant le projet SoutH2 Corridor devant acheminer l’hydrogène vert algérien vers l’Europe. Cet accord marque une étape politique et technique dans la préparation d’un projet dont la réalisation dépendra encore des études de faisabilité, des investissements et des décisions réglementaires.
Acheminer d’Algérie vers l’Europe près de 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an via un réseau de 3 300 km passant par la Tunisie. C’est l’ambition du projet SoutH2 Corridor, né d’une convergence d’intérêts stratégiques entre l’Algérie et plusieurs pays européens. Après plusieurs étapes _ d’abord la soumission formelle en décembre 2022 auprès de la Commission européenne, ensuite la signature d’un protocole d’accord actant le lancement des études de faisabilité du projet en juillet 2024, enfin la signature en janvier 2026 d’une déclaration commune d’intentions politiques pour le SoutH2 Corridor, engageant une coopération renforcée pour finaliser le cadre juridique et mobiliser les investissements nécessaires_, le projet franchit un cap supérieur.
Le 1er octobre 2026, les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé à Alger, en Algérie, la Déclaration ministérielle destinée à renforcer la coopération et à accélérer le développement de ce futur corridor d’hydrogène vert. La déclaration prévoit entre autres la création d’un « secrétariat chargé de l’appui technique au projet », avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi).
Les parties concernées ont rappelé que cette signature marque une étape politique et technique dans la préparation d’un projet, dont la réalisation dépendra encore des études de faisabilité, des investissements et des décisions réglementaires.
Un projet phare dans le paysage mondial de l’hydrogène vert
La réalisation de cet hydrogénoduc permettrait à l’Europe de satisfaire 10% de sa demande en hydrogène vert à l’horizon 2040. Il permettrait aussi de sécuriser et de diversifier son approvisionnement énergétique. L’Algérie et la Tunisie, en tant que pays producteurs et de transit, bénéficieront quant à eux d’opportunités économiques et technologiques majeures grâce aux investissements européens.
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L’Algérie, grâce à ses vastes ressources solaires et éoliennes, deviendra le principal fournisseur d’hydrogène vert pour ce corridor. De plus, le pays bénéficie d’un coût de production d’électricité renouvelable particulièrement bas, ce qui se traduit par des coûts de production d’hydrogène vert très compétitifs. Par exemple, selon une étude récente publiée par Elkhabar, le coût de production en Algérie est estimé à environ 0,76 dollar par kilogramme. Lorsqu’on y ajoute le coût de transport – évalué à environ 0,22 dollar par kilogramme – le coût total de livraison s’établit autour de 0,98 dollar par kilogramme. À titre de comparaison, en Europe, les coûts de production de l’hydrogène vert se situent généralement entre 2,5 et 4,0 dollars par kilogramme, voire plus, en raison de coûts d’électricité plus élevés et de contraintes liées aux infrastructures moins favorables.
La Tunisie, en tant que pays de transit, bénéficiera d’investissements pour moderniser ses infrastructures énergétiques, renforçant ainsi son rôle dans l’intégration énergétique régionale. L’Italie, qui occupe une position centrale sur le tracé, ambitionne de devenir un hub de distribution pour l’hydrogène en Europe. L’Autriche et l’Allemagne, parmi les principaux consommateurs attendus, comptent sur ce projet pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de CO₂ et sécuriser leur approvisionnement énergétique.

Par ailleurs, le projet mobilise également des acteurs majeurs du secteur de l’énergie. En Algérie, Sonatrach et Sonelgaz seront impliqués dans la production et l’exportation de l’hydrogène vert. En Italie, Snam S.p.A., leader du transport de gaz, travaille sur l’adaptation des infrastructures pour intégrer l’hydrogène. En Autriche, Gas Connect Austria et Trans Austria Gasleitung GmbH participent à la modernisation du réseau, tandis qu’en Allemagne, Bayernets GmbH joue un rôle clé dans la distribution finale de l’hydrogène. L’implication de ces entreprises garantit une mise en œuvre efficace du corridor et sa compatibilité avec les réseaux gaziers européens existants.
Le projet SoutH2 Corridor s’inscrit dans les objectifs du programme REPowerEU, lancé par la Commission européenne pour accélérer la transition énergétique et réduire la dépendance aux combustibles fossiles. L’hydrogène vert, produit à partir de sources renouvelables, joue un rôle central dans cette stratégie, qui vise une Europe décarbonée et énergétiquement souveraine d’ici à 2050. Selon les prévisions, cette énergie pourrait représenter jusqu’à 20 % du mix énergétique de l’Union européenne à cette échéance.
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