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L’Éthiopie en pole position pour accueillir la COP32 en 2027

En 2027, l’Afrique pourrait bien redevenir l’épicentre des négociations climatiques mondiales. Addis-Abeba, capitale politique du continent, est sur le point d’être officiellement désignée comme ville hôte de la 32ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP32), marquant ainsi un retour stratégique de l’Afrique sur la scène internationale, cinq ans après la COP27 en Égypte. Cette candidature, portée par l’Éthiopie et largement soutenue par les pays africains, s’inscrit dans une volonté d’affirmer les priorités du continent face à l’urgence climatique, tout en positionnant Addis-Abeba comme un modèle de transition verte et de résilience.

par Habib Tizi

L’Éthiopie s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire climatique mondiale. Selon des informations rapportées par Reuters et attribuées à André Corrêa do Lago, président de la COP30 actuellement en cours à Belém au Brésil, Addis-Abeba devrait être officiellement désignée, dès mardi prochain, comme ville hôte de la COP32 en 2027. Cette annonce, si elle se confirme, consacrera la victoire de la candidature éthiopienne face à celle du Nigeria, déposée en septembre dernier.

Ce choix n’est pas anodin : il symbolise le retour de l’Afrique au cœur des débats climatiques internationaux, après la COP27 organisée à Charm el-Cheikh en Égypte. Addis-Abeba, déjà capitale de l’Union africaine et siège de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, est un lieu stratégique pour les grandes négociations internationales. Accueillir la COP32 permettrait à l’Éthiopie de transformer son influence diplomatique en un levier environnemental majeur, renforçant ainsi son rôle de leader continental.

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L’Éthiopie mise sur une stratégie nationale ambitieuse, fondée sur la croissance verte et la résilience climatique. Le pays, qui produit déjà plus de 90 % de son électricité à partir de sources renouvelables, entend devenir un exemple pour l’Afrique en matière de transition énergétique. L’organisation de la COP32 serait pour Addis-Abeba une opportunité unique d’attirer des financements internationaux, de renforcer les partenariats publics-privés et d’accélérer l’adaptation face aux sécheresses récurrentes qui frappent la région.

L’enjeu est de taille pour le continent africain, responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais qui subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique : sécheresses, insécurité alimentaire, pressions sur les ressources naturelles. Une COP en Afrique permettrait de recentrer les débats sur les priorités locales : adaptation, résilience, financement juste, implication de la jeunesse et valorisation des terres africaines dans la transition verte.

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Cette désignation intervient dans un contexte particulier, alors que l’organisateur de la COP31 en 2026 n’est toujours pas connu. L’Australie et la Turquie se disputent toujours ce rôle, et en cas de désaccord prolongé, la conférence pourrait être relocalisée à Bonn, en Allemagne, siège du secrétariat de la Convention climat. L’Afrique, en accueillant la COP32, pourrait ainsi combler un vide et affirmer sa place dans la gouvernance climatique mondiale.

L’Éthiopie, avec son projet de COP32, ne se contente pas de proposer un cadre pour des négociations internationales : elle entend aussi montrer au monde entier qu’une autre voie est possible, où développement économique et respect de l’environnement peuvent aller de pair. Si la candidature éthiopienne est confirmée, Addis-Abeba deviendra, le temps d’une conférence, la capitale mondiale du climat, porteuse d’un message fort : l’Afrique ne veut plus être un simple spectateur, mais un acteur clé de la lutte contre le changement climatique.

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