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À la COP30, les peuples autochtones exigent le respect de leurs droits fonciers, bafoués

par Inès Magoum
À la COP30, les peuples autochtones exigent le respect de leurs droits fonciers, bafoués © The Associated Press

Parmi les faits marquants de la deuxième journée de la COP30 à Belém au Brésil, figurent les manifestations des peuples autochtones, qui ont réclamé le respect de leurs droits fonciers, afin de récupérer et de protéger leurs terres et ressources naturelles traditionnellement occupées, luttant contre des processus d’accaparement de terres liés à l’urbanisation, à l’agriculture industrielle et à l’exploitation minière.  

En colère, les manifestations autochtones ont fait irruption mardi 11 novembre 2025, dans le lieu où se tient la 30e Conférence des Parties sur le climat (COP30) à Belém au Brésil, pour crier leur revendication, à savoir le respect de leurs droits fonciers. « Notre terre n’est pas à vendre », pouvaient-ont lire sur les pancartes qu’ils tenaient.

Concrètement, les peuples indigènes du Brésil veulent que leurs terres soient exemptes d’agro-industrie, d’exploration pétrolière, de mineurs illégaux et de bûcherons illégaux. Car, ils en ont besoin pour pouvoir eux aussi mettre en œuvre des stratégies d’adaptation et d’atténuation au changement climatique. « On ne peut pas manger de l’argent », a déclaré Gilmar, un chef autochtone de la communauté Tupinamba près du cours inférieur du fleuve Tapajos au Brésil, à nos confrères du journal Reuters.

Ces tensions interviennent alors que plusieurs industries continuent de s’étendre dans la forêt amazonienne au Brésil. Le 20 octobre 2025, un mois avant l’ouverture de la COP30, la compagnie pétrolière publique brésilienne Petrobras annonçait avoir obtenu une licence pour le forage d’un puits d’exploration situé en eaux profondes à 500 km de l’embouchure de l’Amazone et à 175 km de la côte. Il se trouve dans une vaste région maritime nommée Marge Equatoriale, où le Guyana et le Suriname ont déjà découvert d’énormes réserves de pétrole.

Même si le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a affirmé que l’argent du pétrole servirait à financer la transition énergétique, les défenseurs de l’environnement, ainsi que de milliers d’indigènes sont contre le projet Petrobras, qu’ils perçoivent comme une menace pour la biodiversité de l’Amazonie, avec des risques de pollution des rivières et de destruction de la forêt.

Donner aux peuples autochtones les moyens de préserver l’Amazonie

Bien que les manifestations autochtones aient mis à mal la sécurité à la COP30, elles auront eu le mérite de rappeler aux dirigeants mondiaux que le bien-être des peuples indigènes est tout aussi important. En dépit de ne représenter que 6% de la population globale (environ 476 millions des personnes autochtones), ils sont responsables de protéger et gérer des centaines de milliers d’hectares de terre, dont en Afrique, où les peuples autochtones font face aux mêmes défis qu’au Brésil.

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Donner aux peuples autochtones les moyens de préserver leurs terres renvoient donc à leur octroyer des droits territoriaux légaux, soutenir leurs initiatives de conservation par le biais de financements et de programmes de reforestation, améliorer leurs conditions de vie (éducation, santé) et promouvoir leur inclusion dans les négociations mondiales sur le climat.

Rappelons que la Constitution brésilienne de 1988 garantit aux peuples autochtones des droits fonciers, les reconnaissant comme les premiers propriétaires de la terre.

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