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La FEDA va financer 75 M$ vers Spiro pour la transition verte

Le 11 novembre 2025, le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), filiale d’Afreximbank, a annoncé un investissement de 75 millions de dollars dans Spiro, leader africain des deux-roues électriques. Ce financement doit permettre à l’entreprise d’étendre son réseau de stations d’échange de batteries, de renforcer sa plateforme technologique et d’accélérer son expansion sur le continent, où elle opère déjà dans sept pays avec plus de 60 000 motos électriques en circulation. Pour Afreximbank et la FEDA, cet engagement s’inscrit dans une stratégie plus large.

par Habib Tizi

le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), bras d’investissement à impact de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), a officialisé un partenariat financier majeur avec Spiro, une start-up spécialisée dans la conception et la distribution de deux-roues électriques. L’investissement, d’un montant de 75 millions de dollars, vise à soutenir l’expansion rapide de l’entreprise sur le continent, à densifier son réseau de stations d’échange de batteries et à moderniser sa plateforme technologique. Cette injection de capitaux intervient alors que Spiro revendique déjà une flotte de plus de 60 000 motos électriques et un maillage de 1 200 stations d’échange de batteries, réparties dans sept pays africains : le Bénin, le Togo, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda, le Nigeria et le Cameroun. Ces chiffres font de Spiro le premier opérateur de mobilité électrique en Afrique, un statut qui s’accompagne d’ambitions encore plus vastes.

Gagan Gupta, fondateur de Spiro, a souligné que l’expansion rapide de l’entreprise sur de nouveaux marchés reflète un intérêt croissant pour des solutions de transport propres, accessibles et efficaces. « En développant notre infrastructure d’échange de batteries et en intégrant davantage les énergies renouvelables, nous construisons un modèle durable et évolutif pour l’avenir de la mobilité africaine », a-t-il déclaré. L’objectif est clair : proposer une alternative viable aux véhicules thermiques, tout en réduisant les coûts pour les utilisateurs et en limitant l’empreinte carbone du secteur des transports, l’un des plus polluants du continent.

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Pour Afreximbank et la FEDA, cet investissement dépasse le simple cadre financier. Il s’agit d’un levier stratégique pour transformer le paysage industriel africain. Dr George Elombi, président du conseil d’administration d’Afreximbank et de la FEDA, a expliqué que ce partenariat vise à « jeter les bases d’une nouvelle ère de commerce et d’industrialisation intra-africains ». En stimulant la production locale de véhicules, en renforçant l’intégration régionale et en dynamisant les échanges commerciaux, la Banque entend favoriser le transfert de compétences et de technologies, créer des emplois locaux et, surtout, réduire la dépendance historique du continent aux véhicules d’occasion importés. Ces derniers, souvent en fin de vie, posent des problèmes environnementaux et de sécurité routière, tout en drainant des devises précieuses.

L’annonce de cet investissement s’inscrit dans un contexte où plusieurs gouvernements africains ont adopté des politiques publiques visant à encourager l’adoption des véhicules électriques. Ces mesures, à la fois fiscales et réglementaires, cherchent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à diminuer la facture énergétique des transports urbains, fortement tributaires des importations de carburants fossiles. Selon le rapport Global EV Outlook 2025, publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les ventes de véhicules électriques en Afrique ont plus que doublé en 2024, passant à environ 11 000 unités. Bien que ces chiffres restent modestes comparés aux 17 millions de véhicules électriques vendus dans le monde la même année, ils illustrent une tendance claire : l’Afrique s’engage progressivement sur la voie de la mobilité durable.

L’approche de Spiro se distingue par son modèle d’échange de batteries, qui permet aux utilisateurs de remplacer rapidement une batterie déchargée par une batterie pleine, sans attendre de longues heures de recharge. Ce système, couplé à une tarification compétitive, rend les deux-roues électriques accessibles à une population souvent confrontée à des revenus modestes et à des infrastructures électriques limitées. L’entreprise mise également sur l’intégration des énergies renouvelables pour alimenter ses stations, réduisant ainsi l’empreinte carbone de l’ensemble de la chaîne de valeur.

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À plus long terme, ce partenariat pourrait inspirer d’autres initiatives similaires, non seulement dans le domaine des deux-roues, mais aussi dans celui des véhicules légers et des transports en commun. L’enjeu est de taille : transformer le secteur des transports en Afrique, réduire la pollution urbaine et offrir des solutions de mobilité adaptées aux réalités économiques et sociales du continent. Avec cet investissement, Afreximbank et Spiro posent une pierre supplémentaire dans la construction d’une Afrique plus verte, plus autonome et plus connectée.

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