Les travaux du projet « Gabon Infini » pourraient démarrer prochainement au Gabon. Selon les informations relayées récemment par Bloomberg, le pays d’Afrique centrale s’apprête à 180 millions d’euros auprès de plusieurs partenaires internationaux. L’opération, en cours de finalisation, est pilotée par l’ONG américaine The Nature Conservancy, avec la participation de plusieurs partenaires internationaux, dont le Bezos Earth Fund, le World Wildlife Fund (WWF), le Pew Charitable Trusts et ZomaLab.
Le futur financement sera géré par un mécanisme indépendant chargé de garantir leur affectation à des actions de conservation, conformément au modèle Project Finance for Permanence (PFP), qui conditionne le versement des fonds à la mise en œuvre de réformes environnementales gouvernementales. Une lettre d’intention a déjà été signée, et les modalités techniques du dispositif ont été présentées aux autorités gabonaises.
Protéger les forêts contre l’exploitation sauvage et industrielle
Concrètement, 34 000 km2 de forêts seront sanctuarisés, ainsi que 18 000 km de cours d’eau. En verrouillant ces zones contre l’exploitation sauvage, Libreville protégera ainsi un trésor inestimable : une couverture forestière qui culmine déjà à 89 % de sa superficie totale, ainsi que ses fleuves. De plus, la mise en œuvre du projet «Gabon Infini» contribuera à stabiliser l’équilibre climatique national et mondial, tout en offrant un cadre de vie pérenne aux populations locales.
Une grande partie du Gabon demeure sauvage et isolée. Alors que plus des quatre cinquièmes de la population vivent en zone urbaine, près de 90 % du territoire est couvert de forêts, abritant notamment des éléphants de forêt en danger critique d’extinction. Le pays compte aujourd’hui 13 parcs nationaux, une réserve présidentielle, une réserve faunique et un arboretum, plusieurs domaines de chasse et sites culturels, deux sites inscrits au patrimoine mondial et neuf zones humides d’importance internationale Ramsar, couvrant environ 22 % du territoire national.
Les vastes forêts intérieures et côtières du pays d’Afrique centrale absorbent chaque année 100 millions de tonnes de CO2, soit plus que les émissions de 30 millions de voitures, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique grâce au processus naturel de la photosynthèse. Quand aux aires marines protégées (AMP), le Gabon dispose, depuis 2017, d’un réseau de 20 aires marines protégées étendues sur environ 53 000 km², soit environ 26 % de l’espace maritime du pays. Ce réseau, pilier du «Gabon Bleu», comprend neuf parcs marins et 11 réserves aquatiques visant à protéger la biodiversité (tortues luths, baleines) et gérer durablement la pêche.
Outre la protection des forêts et la création des aires marines protégées, le projet décennal « Gabon Infini » soutiendra la lutte contre le braconnage des éléphants et le développement de l’écotourisme.
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