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L’IRD et ses partenaires publient une étude sur les risques du réchauffement climatique dans le Sahel

Le 23 mars 2026, une nouvelle étude a été publiée dans la revue scientifique Nature. L’analyse, menée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en collaboration avec des chercheurs d’universités et d’instituts de recherche allemand et tchadien, reconstitue avec une précision inédite les conditions climatiques du Sahara au cours des 10 000 dernières années, et souligne l’importance d’améliorer les prévisions climatiques, afin d’anticiper ces changements rapides et leurs impacts sur les sociétés humaines dans les années à venir.

par Inès Magoum
Changement climatique Sahel

Depuis le 25 mars 2026, se tient la 6ème édition du Sommet Désertif’actions  à Djerba, en Tunisie, sous le thème : «la Résilience des territoires face aux crises ». C’est dans ce contexte que l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en collaboration avec des chercheurs d’universités et d’instituts de recherche allemand et tchadien a publié une étude qui reconstitue avec une précision inédite les conditions climatiques du Sahara au cours des 10 000 dernières années, en analysant les sédiments accumulés au fond du lac Yoa, dans le nord du Tchad.

Le lac Yoa, situé dans la région d’Ounianga classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des rares lacs permanents du Sahara. Ses sédiments constituent une archive climatique exceptionnelle, enregistrant de façon continue les variations de l’environnement et du régime des précipitations depuis plus de 10 250 ans. Grâce à des couches sédimentaires annuelles, des varves — comparables aux cernes d’un arbre — les chercheurs ont pu reconstruire l’évolution du climat avec une résolution annuelle à décennale. 

«Lorsque la région était couverte de lacs et de savanes, des épisodes de sécheresse sévère ont eu lieu brutalement pendant quelques décennies. Les causes de ce réchauffement étaient très différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui, mais cette période constitue un excellent analogue pour comprendre les mécanismes climatiques susceptibles de se produire demain. Nos résultats montrent que même dans un climat globalement plus humide au Sahel et au Sahara, des sécheresses sévères peuvent survenir très rapidement et transformer profondément les écosystèmes et affecter les sociétés. » déclare Florence Sylvestre, chercheuse à l’IRD.

L’urgence d’améliorer les prévisions climatiques au Sahel

En effet, au Sahel, les températures augmentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du monde. La région est déjà confrontée à une intensification des extrêmes  climatiques :  sécheresses plus sévères et pluies diluviennes dévastatrices. Au cours des deux dernières années, des inondations catastrophiques ont par exemple affecté plus de 8,5 millions de personnes en Afrique centrale et de l’Ouest. 

Le réchauffement climatique actuel accélère la fonte des glaces du Groenland, injectant d’immenses quantités d’eau froide dans l’Atlantique Nord. Or c’est exactement ce type de refroidissement océanique qui, dans le passé, a déclenché les sécheresses documentées dans cette étude, avec des conséquences majeures pour les populations telles que la diminution des surfaces cultivables, pressions sur les ressources en eau et risques accrus de migrations climatiques.

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Aussi, l’étude souligne l’importance d’améliorer les prévisions climatiques à l’échelle décennale, afin d’anticiper ces changements rapides et leurs impacts sur les sociétés humaines. C’est également la question de l’adaptation à ces changements climatiques qui est en jeu et qui implique plus globalement des politiques de soutien aux pratiques agropastorales, de gouvernance régionale des ressources en eau et de renforcement de l’observation du climat à l’échelle régionale.  

Il s’agit d’une question qui sera certainement abordée à Djerba où se poursuivent les discussions du Sommet Désertif’actions. Les discussions qui iront jusqu’au 28 mars 2026 vise à partager des solutions concrètes face aux sécheresses, à échanger des expériences scientifiques et de terrain, et à construire un plaidoyer international pour influencer les décisions de la COP17 sur la désertification.

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