Ravagé par les conflits depuis 30 ans, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) détiendrait entre 60 % et 80 % des réserves mondiales du coltan, minerai dont est issu le tantale, essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes. C’est en partie grâce au site minier de Rubaya, implanté sur le territoire de Masisi à une cinquantaine de km à l’ouest de la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Les 28 et 29 janvier 2026, la mine a été le théâtre d’une tragédie.
L’information a été relayée quelques jours plus tôt par le gouvernement du pays d’Afrique centrale, soit le 1er février 2026, dans un communiqué transmis à l’Agence France Presse (AFP). Il y déclare qu’un pan de colline du vaste site accidenté s’est détaché mercredi 28 janvier 2026 en après-midi, et qu’un autre glissement de terrain est survenu jeudi matin. Dans le même communiqué, les autorités RD-congolaises affirment craindre un bilan d’au moins 200 morts sur l’important site, sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23 depuis avril 2024, soutenu par le Rwanda.
Au micro de RFI, des creuseurs encore traumatisés ont raconté vingt-quatre heures de cauchemar : « Il y a eu la pluie, l’éboulement s’en est suivi et a emporté les gens. Certains ont été engloutis ; d’autres se trouvent toujours dans les puits à l’heure actuelle ».
Alors que les blessés sont prises en charge dans les structures hospitalières proche du lieu de la tragédie, Kinshasa a appelé la communauté internationale à «prendre pleinement la mesure de ce drame, conséquence selon le gouvernement congolais, d’une occupation armée et d’un système organisé de pillage par le M23 et le Rwanda».
Rappelons que la taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce du coltan, toujours selon les experts de l’Organisation des Nations unies (ONU), faisant fi des conséquences environnementales telles que la déforestation massive, la destruction d’écosystèmes (parcs nationaux), la pollution des eaux par des déchets miniers et la stérilisation des sols.
Cette catastrophe survient moins de trois mois après l’effondrement d’un pont de fortune sur le site minier de Kalando, à une quarantaine de kilomètres de Kolwezi, dans la province de Lualaba, faisant au moins 34 morts. Selon plusieurs sources au sein des creuseurs artisanaux et de la société civile de Lualaba, la catastrophe serait plutôt lié à un mouvement de panique provoqué par les militaires en charge de la protection du site minier. Si les causes des drames de Rubaya et de Lualaba ne sont pas les mêmes, ils rappellent fatalement les risques permanents auxquels sont exposés les mineurs artisanaux en RDC en particulier, et en Afrique en général.
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