L’adoption de modes de cuisson propre en Afrique est désormais au cœur des stratégies énergétiques, portées par des partenariats public-privé et des mécanismes innovants de financement climatique. Au Rwanda, un projet emblématique a été lancé en novembre 2025 : la distribution de 200 000 foyers de cuisson améliorés, touchant plus de 800 000 personnes en zones rurales. Ce programme, mené par TotalEnergies et DelAgua, devrait permettre d’éviter l’émission de 2,5 millions de tonnes de CO₂ sur dix ans. Les crédits carbone générés, certifiés par VERRA, seront rachetés par TotalEnergies à partir de 2030 pour compenser une partie de ses émissions résiduelles.
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Cette initiative s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. Plusieurs pays africains ont récemment renforcé leurs engagements, comme le Malawi, où un programme de cuisson propre a déjà produit plus de 1,5 million de crédits carbone éligibles au mécanisme CORSIA, ou le Ghana, où des crédits transférables ont été vendus à la Suisse dans le cadre de l’Accord de Paris. En Côte d’Ivoire et au Ghana, le fonds Spark Africa Fund a investi respectivement 6,4 et 1,23 millions de dollars pour soutenir la distribution de cuisinières améliorées et la production locale d’équipements.
Pourtant, malgré ces avancées, l’accès à la cuisson propre reste insuffisant face à la croissance démographique. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le nombre de personnes sans accès a continué d’augmenter en Afrique subsaharienne, atteignant environ 1 milliard en 2025, soit 14 millions de plus qu’en 2022. Quatre ménages sur cinq cuisinent encore avec des combustibles polluants, ce qui pose un défi majeur de santé publique, d’égalité des genres et de préservation de l’environnement.
Des solutions existent, mais leur déploiement doit être accéléré
Les experts estiment qu’un investissement annuel de 2 milliards de dollars suffirait pour généraliser l’accès à la cuisson propre en Afrique d’ici 2040, soit seulement 0,1 % des investissements énergétiques mondiaux prévus. Des engagements concrets ont été pris lors du Sommet sur la cuisson propre en Afrique en 2024, avec 2,2 milliards de dollars promis et 470 millions déjà décaissés. Une quarantaine de nouvelles politiques ont été mises en place par huit des dix pays africains les plus concernés, avec des progrès notables en Tanzanie et au Kenya.
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En parallèle, des modèles innovants émergent, comme celui de Bboxx au Rwanda, qui propose des kits de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à des ménages à faibles revenus, selon un système de paiement progressif. Ces initiatives montrent que la combinaison de financements publics, privés et climatiques peut transformer durablement le paysage énergétique africain.
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