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COP30 : 23 pays s’engagent à quadrupler l’utilisation de carburants durables d’ici à 2035

Le 14 novembre 2025 à Belém, où se poursuit la 30e Conférence des Parties sur le climat, 23 pays se sont engagés à quadrupler l’utilisation de carburants durables d’ici à 2035. Cela fait suite au lancement du Plan d’action pour les carburants du futur du Clean Energy Ministerial (CEM).

par Inès Magoum
COP30 : 23 pays s’engagent à quadrupler l’utilisation de carburants durables d’ici à 2035©AFP/Mauro Pimentel

Passer de l’ambition à la mise en œuvre. C’est l’engagement pris par 23 pays répartis sur les cinq continents, en matière d’utilisation des carburants du futur. C’était le 14 novembre 2025, pendant le lancement du Plan d’action pour les carburants du futur du Clean Energy Ministerial (CEM) à Belém, où se poursuivent les consultations sur des sujets climatiques essentiels.

En approuvant ce nouveau plan d’action, l’Andorre, l’Arménie, la Biélorussie, le Brésil, le Cap-Vert, le Canada, le Chili, le Guatemala, la Guinée, l’Inde, l’Italie, le Japon, le Kenya, les Maldives, le Mexique, le Mozambique, Myanmar, les Pays-Bas, le Panama, la Corée du Nord, le Soudan, les Émirats arabes unis et le Zambie, s’engagent ainsi à soutenir l’objectif de Clean Energy Ministerial, qui vise à quadrupler l’utilisation de carburants durables à l’horizon 2035.

Les actions prioritaires du Plan d’action pour les carburants du futur

Le nouveau plan comprend 20 mesures prises par les gouvernements, les industries et les organisations partenaires intéressés. Ces mesures collaboratives accélèrent l’utilisation et l’approvisionnement en carburants du futur en encourageant notamment, l’augmentation de la demande et de l’utilisation des carburants du futur, la création de chaînes d’approvisionnement mondiales intégrées pour les carburants du futur, et l’élaboration de normes communes et transparentes pour la comptabilisation du carbone tout au long du cycle de vie et la durabilité des carburants. Il s’agit de :

• Encourager la production de carburants durables,

• Donner la priorité aux applications finales à fortes émissions et offrant peu d’options de décarbonisation autres que les carburants durables (plateforme CEM Biofuture),

• Utiliser les carburants du futur pour soutenir la réduction des émissions liées à la fabrication de l’acier, du ciment et du béton dans les projets de construction publique (initiative CEM Industrial Deep Decarbonisation),

• Mener une campagne pour accroître la demande en hydrogène propre (initiative CEM Hydrogen),

• Promouvoir l’utilisation de ciment à émissions quasi nulles grâce aux technologies de capture, d’utilisation et de stockage du carbone (CCUS), une technologie clé pour la production de ciment à émissions quasi nulles (initiative CEM CCUS),

• Promouvoir l’utilisation de matières premières durables issues des biocarburants et des technologies CCUS pour la fabrication de produits chimiques (initiative CCUS du CEM et plateforme Biofuture du CEM),

• Étudier la contribution optimale des matières premières issues de la biomasse durable à la production et à l’utilisation de carburants durables (plateforme Biofuture du CEM),

• Promouvoir le développement de corridors commerciaux internationaux pour l’hydrogène propre et ses dérivés afin de renforcer la sécurité énergétique, de réduire les coûts des systèmes énergétiques et de permettre une transition juste (Initiative CEM Hydrogène / Forum international sur le commerce de l’hydrogène en collaboration avec le Conseil de l’hydrogène),

• Faciliter le dialogue public-privé entre les pays exportateurs et importateurs d’hydrogène propre (Initiative CEM Hydrogen / Forum international sur le commerce de l’hydrogène en collaboration avec le Conseil de l’hydrogène),

• Faciliter les liens entre le secteur privé et les gouvernements tout au long de la chaîne de valeur énergétique maritime afin de libérer des opportunités inexploitées pour accélérer la production et le commerce de carburants durables ainsi que leur utilisation par le transport maritime à travers le monde (CEM-Hubs),

• Réunir l’expertise publique et privée tout au long de la chaîne de valeur énergétique maritime afin de planifier la création de pôles maritimes énergétiques à grande échelle qui positionnent les ports du monde entier comme des centres uniques d’énergie propre, où les carburants du futur peuvent être produits, stockés, transformés, stockés et utilisés, mais aussi importés et échangés (pôles CEM),

• Renforcer les capacités des ports dans le cadre de la Coalition mondiale des ports pour l’hydrogène du CEM (initiative CEM Hydrogen),

• Prendre en compte les besoins en infrastructures de transport et de stockage du carbone lorsque les technologies CCUS sont nécessaires pour soutenir les carburants durables et d’autres produits (par exemple, le ciment, le fer et l’acier) (initiative CCUS du CEM),

• Poursuivre les efforts visant à mesurer et à atténuer les impacts climatiques et environnementaux tout au long de la chaîne de valeur, par exemple en surveillant les pertes d’hydrogène et en réduisant les pertes de NOx (initiative Hydrogène du CEM),

Promouvoir des normes communes et transparentes

Le Plan d’action pour les carburants du futur promeut aussi des approches et des normes communes et transparentes pour la comptabilisation du carbone tout au long du cycle de vie, en fonction des circonstances nationales. Les 23 pays ayant approuvé le plan devront aussi :  

• Poursuivre les efforts visant à renforcer la confiance des investisseurs dans la cohérence, la transparence et les mécanismes d’évaluation fondés sur des données probantes pour les carburants durables tels que les biocarburants et les produits finaux comme l’acier, le ciment, les produits chimiques, les plastiques et autres matériaux (Initiative industrielle de décarbonisation profonde du CEM, Initiative CCUS du CEM et Plateforme Biofuture du CEM),

• Soutenir l’élaboration et l’utilisation de normes comptables transparentes et internationalement reconnues en matière d’intensité carbone pour l’hydrogène propre et ses dérivés (initiative CEM Hydrogen avec les organisations partenaires, notamment l’Organisation internationale de normalisation et le Partenariat international pour l’hydrogène et les piles à combustible dans l’économie),

• Soutenir la transparence, la cartographie et l’harmonisation potentielle des méthodologies comptables juridictionnelles fondées sur des données probantes pour les biocarburants durables (plateforme CEM Biofuture),

• Collaborer à l’élaboration de normes harmonisées de comptabilisation des émissions pour les produits sidérurgiques et cimentiers à faible teneur en carbone afin d’encourager les meilleures pratiques de production et de fabrication (initiative CEM pour la décarbonisation industrielle profonde),

• Envisager de divulguer les émissions de carbone intrinsèques de l’acier, du ciment et du béton dans les projets de construction financés par des fonds publics (initiative CEM pour la décarbonisation industrielle profonde),

• Promouvoir et soutenir le développement des codes et normes technologiques CCUS (initiative CEM CCUS).

Les carburants du futur, essentiels pour la neutralité carbone

À en croire la plate-forme de mise en œuvre de l’engagement de Belém pour des carburants durables, l’accent sera mis dans les secteurs où les réductions des gaz à effet de serre (GES), qui sont particulièrement difficiles à réaliser, tels que l’aviation, le transport maritime, la sidérurgie et le ciment. Et chaque année, ces actions intersectorielles seront suivies par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

En effet, les carburants du futur, tels que les biocarburants durables, l’hydrogène propre et ses dérivés (ammoniac, carburants synthétiques, méthane synthétique), peuvent réduire considérablement les émissions et sont donc essentiels dans la transition vers la neutralité carbone, en particulier pour le secteur des transports et les industries lourdes telles que la production de ciment et d’acier.

Mais pour atteindre cette neutralité carbone, il faudra que les pays n’ayant pas encore approuvé le plan d’action pour les carburants du futur le fassent, principalement les pays développés qui sont les plus gros pollueurs. De plus, il faudra renforcer le financement de transition verte, sachant que le passage aux carburants du futur pose des problèmes comme le coût de production élevé, les infrastructures de distribution inexistantes, le rendement énergétique et les risques liés à la sécurité. Par exemple, l’hydrogène, bien que prometteur, est coûteux à produire et son transport est complexe, et son rendement est inférieur à celui de l’électrification directe des véhicules. 

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