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Conflit autour des eaux du Nil : Donald Trump propose de relancer la médiation entre l’Égypte et l’Éthiopie

Dans une lettre adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, publiée sur le Truth Social le 16 janvier 2026, le président américain Donald Trump propose de relancer les négociations entre l’Égypte et l’Éthiopie, au sujet du Grand barrage de la Renaissance (GERD).

par Inès Magoum
Conflit autour des eaux du Nil : Donald Trump propose de relancer la médiation entre l'Égypte et l'Éthiopie ©Governement éthiopien

Soldée par un échec en 2020, le président des États-Unis d’Amérique propose au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de relancer la médiation amorcée en 2019 pour régler définitivement le conflit entre l’Égypte et l’Éthiopie sur les eaux du Nil, entamé dès l’annonce et le début de la construction du Grand barrage de la Renaissance (GERD) en 2011. Le locataire de la maison blanche a fait cette suggestion dans une lettre, qu’il a ensuite publié sur son réseau social le Truth Social, le 16 janvier 2026.

En proposant cette médiation, Donald Trump veut éviter que ce «différend dégénère en conflit militaire majeur entre l’Égypte et l’Éthiopie », écrit-il. Le président américain est conscient que « un seul État ne peut pas contrôler unilatéralement les ressources du Nil, au désavantage de ses voisins. » Il mise donc sur une expertise technique et la supervision des États-Unis, pour parvenir à un compromis et, pourquoi pas, demander à l’Éthiopie de « donner ou vendre » l’électricité générée par le barrage à l’Égypte et au Soudan, qui dépend également des eaux du Nil.

Grand barrage de la renaissance ©Présidence de l’Ethiopie

Si le Soudan salue également l’initiative du président américain pour trouver des solutions durables et satisfaisantes qui préservent les droits de tous, la réaction d’Addis-Abeba se fait encore attendre. Rappelons qu’en février 2020, l’Éthiopie avait claqué la porte de la médiation américaine au sujet de ce conflit, conduisant à la suspension d’une partie de l’aide financière des États-Unis.

Le nœud du problème

Le problème du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu réside dans les tensions entre l’Éthiopie, qui le construit pour son développement énergétique, et l’Égypte (et dans une moindre mesure le Soudan), qui craignent une réduction drastique du débit du fleuve vital pour leur eau potable, leur agriculture et leur électricité. L’Éthiopie veut remplir rapidement le réservoir pour produire de l’électricité, tandis que l’Égypte et le Soudan exigent des règles de remplissage et d’exploitation claires et contraignantes pour atténuer les impacts en aval.

Malgré de nombreuses négociations au cours de cette décennie, menées par l’Union africaine (UA), les États-Unies d’Amérique et l’Union européenne (UE), aucun accord juridiquement contraignant n’a été signé, laissant la situation instable.

Pendant ce temps, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a inauguré le 9 septembre 2025, ce qu’il qualifie de «plus grand projet hydroélectrique du continent et de grande réussite pour tous les peuples noirs », long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres. Bâtie sur près de 15 ans, avec un coût évalué à environ 4 milliards de dollars, l’infrastructure devrait doubler la production électrique de l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique où près de la moitié des habitants n’ont pas accès à l’électricité.

Il s’agit peut-être là de la dernière chance pour les gouvernements égyptiens et éthiopiens de résoudre un conflit qui a déjà bien trop duré.

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