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Après l’entrée en vigueur du traité sur la Haute mer, Donald Trump autorise l’exploitation minière des grands fonds marins

Le 20 janvier 2026, trois jours après l’entrée en vigueur du « Traité sur la Haute mer », également dit « Accord BBNJ », les États-Unis signent un décret pour autoriser l’exploitation minière des grands fonds marins. Une Violation inédite du droit international pour les scientifiques et de nombreux dirigeants mondiaux.

par Inès Magoum
La préservation des océans est essentielle à l’équilibre de la planète

Alors que le traité sur la Haute mer est entré en vigueur il y a seulement quelques jours, le 17 janvier 2026, les États-Unis, qui n’ont pas ratifié cet accord international, publient le 20 janvier 2026 la procédure simplifiée des États-Unis pour l’exploitation minière dans les eaux internationales. Cette nouvelle réglementation fait suite aux instructions données en avril 2025 par président américain Donald Trump à son administration, d’accélérer la délivrance de permis pour l’extraction minière sous-marine, y compris en dehors des eaux américaines.

L’entreprise The Metals Company avait d’ailleurs décidé de court-circuiter l’organisation onusienne après cette annonce des États-Unis, en déposant par l’intermédiaire de sa filiale américaine la première demande de permis d’extraction commerciale en haute mer.

Pour les scientifiques et plusieurs dirigeants mondiaux, la concrétisation du projet du locataire de la maison blanche serait une catastrophe puisqu’elle aurait des effets irréversibles sur les abysses et des écosystèmes très fragiles. En effet, avec l’entrée en vigueur du traité sur la Haute mer également dit « Accord BBNJ » , beaucoup se réjouissaient de voir les efforts visant à garantir la santé des écosystèmes océaniques pour les décennies, porter leurs fruits. Mais leur joie aura été de courte durée. Nous faisons ici référence aux 83 pays dont l’Indonésie, la Chine, Allemagne, la France, le Brésil, le Japon, (…), qui ont décidé de protéger 60% de la surface des mers, soit 50% de la surface du globe, en ratifiant l’Accord BBNJ. Ces États, se sont ainsi engagés à intégrer dans leur législation nationale cet accord international visant à protéger la vie marine dans les eaux internationales et les fonds marins.

Signé au siège des Nations unies le 20 septembre 2023 et ratifié le 5 février 2025, cet accord historique vient compléter le cadre juridique de la gouvernance océanique établi par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (adoptée en 1982). Il couvre les zones océaniques situées au-delà des eaux territoriales et des fonds marins internationaux. Des régions qui représentent plus des deux tiers de la surface des océans et plus de 90% du volume total des habitats sur la terre.

Réguler les eaux internationales

En effet, la vie marine dans les eaux internationales et les grands fonds marins sont gravement menacés par la surpêche, la pollution plastique et chimique, l’acidification due au CO2, la désoxygénation, et le bruit sous-marin, avec des impacts aggravés par les changements climatiques et surtout l’émergence de l’exploitation minière des grands fonds (deep-sea mining) qui détruit des habitats uniques, perturbe la biogéochimie et menace des espèces encore méconnues. 

La biodiversité marine devrait être mieux protégée grâce au nouveau traité© The Ocean Story/Vincent Kneefel

Du fait du réchauffement climatique et des activités humaines par exemple, les températures s’élèvent trop rapidement et les océans surchargent, à tel point que les eaux s’acidifient, augmentant le nombre de « zones mortes », désertées par la faune qui fuit l’asphyxie. Ce manque d’oxygène, en partie dû à la diminution de la production de phytoplancton, impacte directement la faune. La taille et le poids de certains poissons ont nettement diminué. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), environ 6 % des poissons évalués sont menacés ou quasi menacés d’extinction, tandis que les tortues marines sont confrontées à la fois à l’érosion des plages, aux perturbations dues aux lumières des villes sur les littoraux, et au braconnage.

Aussi, la mise en œuvre de cet accord permettra de mieux protéger les espaces de haute mer, notamment grâce à l’établissement d’aires marines protégées. Il renforce l’encadrement des activités humaines risquant d’avoir des effets néfastes en haute mer, avec la réalisation d’évaluations d’impact environnemental. L’accord met également en place un système d’accès aux ressources génétiques marines, précieuses pour la recherche et l’industrie, et prévoit le partage des avantages découlant de leur utilisation. Il favorise également le renforcement des capacités des pays en développement.

En outre, l’entrée en vigueur de ce traité contribuera aux objectifs de développement durable (ODD14) et à l’atteinte de l’objectif d’une protection d’au moins 30% de l’océan d’ici à 2030, fixé dans le Cadre mondial de la biodiversité, au bénéfice des générations présentes et futures et de l’humanité toute entière. Car, les océans, recouvrant 70% de la planète, jouent un rôle primordial dans l’existence humaine et de la biodiversité. Ils nous font respirer, manger, ils régulent le climat et abritent 80 % de la vie dans le monde.

«Avec l’arrivée bientôt de pays qui vont confirmer leur adhésion, je pense à l’Inde et à d’autres grands pays, nous serons à à peu près à 85% de l’ensemble de la copropriété océanique. Tant pi pour les absents. Je pense qu’ils vont le regretter très vite. C’est dire les présents ont gagné à travers une exploitation durable, un partage équitable et une connaissance scientifique des océans», a indiqué Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les océans le 17 janvier 2026 sur les antennes de France 24. Quant aux grand fonds marins, ils ne seront pas exploités pour une simple raison. Les États-Unis n’ont pas fait leur calcul. C’est déraisonnable sur le plan climatique et sur le plan du respect de l’environnement. Et sur le plan économique c’est absolument infaisable. Je ne pense pas que les États-Unis unis ne veulent perdre de l’argent en se lançant dans un projet qui n’a pas d’avenir. Et Puis il y a le respect des individus qui vivent au bord de la mer et qui ont des titres de propriétés. Beaucoup de pays partagent aujourd’hui cette vision du monde qui doit être respectueuse des frontières, respectueuse des peuples et des accords qui existent entre les pays», a t-il ajouté.  Les prochains jours, voire mois devraient donc être décisifs pour les océans.

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