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À Addis-Abeba, les dirigeants africains approuvent la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063 & Politique

Le 39ᵉ sommet de l'Union africaine (UA), qui s’est tenu du 14 au 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marqué par plusieurs décisions fortes, dont celle de l’adoption et du lancement de la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063 et sa politique connexe. Le plan d’action vise à garantir la disponibilité durable de l’eau et des systèmes assainissement sûrs en Afrique, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063.

par Inès Magoum

Les aspirations de l’Afrique en matière de croissance économique, de transformation sociale, d’intégration régionale, de commerce, de paix et de sécurité dépendent de la garantie d’un approvisionnement durable en eau pour tous les usages. C’est consciente de cette réalité que l’Union africaine (UA) a axé son 39e Sommet tenu à Addis-Abeba, en Éthiopie les 14 et 15 février 2026, sur le thème : « Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». La rencontre a été marquée par plusieurs annonces, dont l’adoption et le lancement de la Vision africaine de l’eau à l’horizon 2063 et sa politique connexe.

Avec l’adoption au niveau des chefs d’États, cette Vision établit une nouvelle norme sur la manière dont les ressources en eau influenceront l’avenir du continent. Elle reconnaît une vérité fondamentale : l’eau ne respecte pas les frontières, mais la coopération le peut.  « Cette approbation marque un tournant – de l’engagement à une livraison coordonnée sur le continent. L’eau et l’assainissement ne sont plus considérés comme des défis sectoriels, mais reconnus comme des moteurs stratégiques de la transformation économique, de la résilience climatique, de l’intégration régionale et de la prospérité», indique l’UA. Et Mahmoud Ali Youssouf, le président de la Commission de l’Union africaine (CUA) d’ajouter : « Investir dans l’eau et l’assainissement n’est pas un coût. C’est l’un des investissements les plus rentables que l’Afrique puisse réaliser ». La Vision & Politique sert donc désormais de : – Le cadre transformant l’ambition hydrique de l’Agenda 2063 en action – la voix unifiée de l’Afrique avant la Conférence de l’ONU sur l’eau 2026.

Une vision pour pallier les défis liés à l’accès à l’eau en Afrique

Pour mémoire, le programme 2063 de l’UA intitulé « L’Afrique que nous voulons », fournit le cadre et la feuille de route pour réaliser le plan d’action de l’organisation d’ici à 2063, qui vise la transformation structurelle, le développement durable, l’unité et le panafricanisme. En effet, les ressources en eau de l’Afrique sont soumises à une pression croissante due à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et au développement économique. La population du continent, qui était d’1,5 milliard d’habitants en 2024, devrait atteindre 2,5 milliards d’ici à 2050 et 3,2 milliards d’ici à 2070. Au minimum, la production alimentaire devrait presque doubler pour nourrir la population croissante. Cela signifie que les prélèvements d’eau prévus pour la production agricole devront passer de 160-180 km³/an en 2020 à 400-450 km³/an d’ici à 2070. 

Les dirigeants africains au 39e Sommet de l’UA à Addis-Abeba, Éthiopie© UA

«Nos aspirations à des économies modernes et au progrès social, telles que défendues par l’Agenda 2063 de l’UA, qui nécessiteront également une multiplication par dix de la consommation d’eau rien que pour la production d’énergie. Les besoins en eau pour la production d’énergie pourraient passer de moins de 12 à 15 km³/an à 60 à 70 km³/an, voire plus. L’urbanisation et l’industrialisation rapides augmenteront la demande en eau. La trajectoire actuelle montre que le rythme de la croissance démographique et de l’urbanisation dépasse le taux d’expansion de la fourniture de services d’assainissement et d’hygiène. La poursuite de cette tendance risque d’aggraver la dégradation de l’environnement et la pollution des masses d’eau en raison de l’urbanisation et de l’industrialisation», déplore l’UA.

Les effets du changement climatique devraient aussi amplifier ces pressions, en modifiant les régimes pluviométriques et la disponibilité de l’eau, en augmentant la fréquence et la gravité des inondations,des sécheresses et d’autres catastrophes liées à l’eau, et en obligeant à repenser la gestion de l’offre et de la demande. Les implications pour la sécurité hydrique de l’Afrique sont profondes, tout comme les risques pour le développement, la paix et la stabilité. 

Ainsi, dans la Vision africaine de l’eau 2063 lancée par les dirigeants africains, huit énoncés représentent collectivement les leviers de transformation qui permettront à l’Afrique d’assurer son avenir en matière de sécurité hydrique, et d’atteindre l’objectif de développement durable (ODD) 6, qui vise à garantir l’accès universel l’eau et à l’assainissement à l’horizon 2030. Ensemble, ces énoncés définissent les aspirations à long terme du continent et les mesures politiques nécessaires pour les réaliser.

Une disponibilité durable de l’eau au service d’économies transformées

Le premier énoncé repose sur un accès universel à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène sûrs et durablement gérés pour toutes et tous. Fournir à tous des services adéquats d’eau, d’assainissement et d’hygiène permettra de réduire la charge globale de morbidité et de promouvoir la dignité, l’inclusion et l’équité. Par de telles actes, seront posées les bases nécessaires à la réalisation et au maintien des objectifs de développement de l’Afrique. Le deuxième énoncé inscrit dans la Vision africaine de l’eau 2063 est une disponibilité durable de l’eau au service d’économies transformées et de populations croissantes et prospères, malgré une incertitude climatique accrue.

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Sachant que les écosystèmes aquatiques côtiers, marins et intérieurs de l’Afrique offrent un potentiel immense et largement inexploité, le troisième énoncé de la Vision de l’UA vise à renforcer la résilience climatique, protéger les écosystèmes et améliorer le bien être. À cela s’ajoutent des systèmes de gouvernance de l’eau, des institutions et un leadership transformateur ancrés dans le droit international de l’eau et guidés par les principes de subsidiarité, de responsabilité  et de transparence; et des bassins hydrographiques reconnus et gérés comme des biens communs naturels, au service de l’intégration régionale, de la paix, de l’inclusion sociale et de la stabilité politique.

Dans le nouveau document, on évoque également des populations, des économies et des écosystèmes résilients, correctement protégés face aux risques de catastrophes naturelles et anthropiques liés à l’eau. Le septième énoncé repose sur un capital humain développé, une autonomisation technologique et un apprentissage adaptatif qui répondent pleinement aux exigences d’une gestion efficace et durable des ressources naturelles africaines. Cette stratégie africaine préconise enfin des systèmes d’information sur l’eau légitimes, intégrés et bien financés, qui soutiennent une prise de décision fondée sur la science, renforcent la résilience climatique et assurent une place centrale à la gestion de l’eau et de l’assainissement dans les systèmes nationaux de planification, d’investissement et d’allocation des ressources financières.

Par ailleurs, il est nécessaire d’introduire de nouvelles approches dans les stratégies afin d’attirer des ressources financières proportionnées dans ce secteur. Les approches traditionnelles s’étant révélées insuffisantes face à la demande et à la complexité croissantes.

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