Le contrat signé entre la Communauté urbaine de Douala (CUD) et la société camerounaise Genelcam est un contrat d’une durée de cinq ans, pour un montant de plus de 14,2 milliards francs CFA, soit environ 22 millions d’euros. Selon l’accord, pendant cette période, l’entreprise d’assainissement assurera la collecte des ordures ménagères, le balayage et le nettoyage des rues, des marchés et des places publiques dans le 4e arrondissement de Douala, aux côtés de la Société d’hygiène et de salubrité du Cameroun (Hysacam), qui conservera la collecte et le transport des déchets dans les quatre autres arrondissements de la capitale économique.
En recrutant Genelcam, la mairie de Douala espère améliorer la gestion de ses déchets ménagers, et ainsi réduire la pollution qui a des conséquences négatives sur l’environnement et la santé des populations. En effet, la ville de plus de 4 millions d’habitants génère environ 2 700 tonnes de déchets ménagers par jour, posant d’importants défis de gestion avec des dépotoirs sauvages et un manque d’infrastructures adaptées.
Pour garantir l’efficacité de cette nouvelle ère, la CUD ne s’est pas limitée au recrutement d’un nouveau collecteur. La structure a mis en place un verrou de performance en engageant trois cabinets d’audit camerounais pour superviser les prestations sur le terrain : Rid Sarl, KB SAP Consulting et Dynamic Sarl pour un contrat global de 3,4 milliards francs CFA (près de 5,2 millions d’euros) sur cinq ans. En termes de répartition, ces cabinets vont respectivement gagner 1,27 milliard de francs CFA (un peu moins de 2 millions d’euros) pour le Lot 1 ; 1,20 milliard de francs CFA pour le Lot 2 et 957 millions de francs CFA (1,45 million d’euros) pour le Lot 3.
Un mal être généralisé dans le secteur des déchets au Cameroun
La décision de la CUD fait suite à celle de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) qui a attribué en septembre 2025 à la société Thychlof Sarl un marché de gré à gré pour la collecte des ordures dans les arrondissements de Yaoundé 3ᵉ et 6ᵉ, en soutien à la société camerounaise en charge de l’assainissement public, Hysacam, pendant cinq ans. Rappelons que dans la capitale politique, elle maintient son leadership sur les cinq autres arrondissements, de manière décousue si l’on en croit l’état des rues.
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Depuis plusieurs années, le débat ne porte plus seulement sur «qui» ramasse les ordures, mais sur «comment» payer le service. Cette problématique a été à l’origine des grèves répétées dans les villes de Douala et de Yaoundé principalement, causant des accumulations d’ordures dans les ménages et les rues.
Pour sortir de cette impasse, plusieurs pistes ont été évoquées, notamment lors des « états généraux sur la gestion des ressources en déchets » en mai 2025, sous l’égide de Célestine Ketcha Courtès, ministre camerounaise de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu). Les participants ont unanimement recommandé la mise en place d’un fonds dédié, alimenté notamment par les droits d’accises. La Minhdu a quant à lui évoqué l’instauration d’une contribution citoyenne directe. Pour garantir son recouvrement, cette redevance pourrait être indexée sur les factures de services publics de base, comme l’eau ou l’électricité.
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