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Hydroélectricité : le Burundi investit 320 millions USD pour produire 235 GWh/an

Cette infrastructure marque le début du vaste complexe Jiji-Mulembwe, appelé à produire 49,5 mégawatts et à transformer durablement le paysage énergétique national.

par Patricia Angonemane

Une centrale flambant neuve, des partenariats solides, et un pari ambitieux sur l’avenir énergétique du pays. Le Burundi vient d’ouvrir un nouveau chapitre avec la mise en service de la centrale hydroélectrique de Jiji, dans la province de Bururi. Longtemps confronté à une pénurie chronique d’électricité, le Burundi pose avec ce projet une brique essentielle vers une autonomie énergétique tant attendue. À terme, ce complexe produira jusqu’à 235 GWh par an, un volume capable d’alimenter des dizaines de milliers d’usagers : 15 000 ménages, 7 000 petites entreprises et plus de 1 700 sites industriels. Une bouffée d’oxygène pour un pays où l’insuffisance énergétique freine lourdement la croissance économique.

L’ambition du projet ne repose pas uniquement sur des moyens nationaux. La centrale est le fruit d’une coopération financière internationale inédite. La Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Union européenne ont conjugué leurs efforts pour faire aboutir ce chantier de grande envergure. Initialement estimé à 270 millions USD, le coût du projet a été porté à 320 millions, notamment grâce à un appui supplémentaire de 50 millions de dollars de la Banque mondiale pour couvrir les imprévus liés aux opérations.

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La livraison complète du complexe Jiji-Mulembwe est prévue d’ici la fin de l’année 2025. À cette date, le Burundi espère disposer d’un système électrique plus stable, moins dépendant des importations et mieux interconnecté au niveau régional. La mise en place d’une ligne d’interconnexion Kamanyola-Bujumbura via la sous-station Rubirizi permettra de lier le pays aux réseaux voisins, un atout supplémentaire dans la sécurisation de son approvisionnement.

Ce projet s’intègre dans un plan de transformation du secteur énergétique piloté par l’État, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le programme ASCENT (190 millions USD). Celui-ci vise à moderniser les infrastructures, renforcer les institutions du secteur, et développer de nouveaux modèles de partenariat public-privé. L’un d’eux, Weza Power, incarne cette volonté de faire émerger une électrification étendue et durable.

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À l’horizon 2025, environ 2,4 millions de Burundais pourraient bénéficier directement ou indirectement de ces investissements. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : améliorer la qualité de vie de la population et offrir aux entreprises l’environnement énergétique nécessaire à leur essor.

En investissant massivement dans l’hydroélectricité, le Burundi affirme sa volonté de sortir de la précarité énergétique par une ressource propre, renouvelable et locale. La centrale de Jiji devient ainsi le symbole d’un futur plus autonome, plus résilient et plus prospère.

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