C’est une nouvelle qui réjouit les défenseurs de l’environnement du Ghana et au delà. La loi datant de 2022, qui donnait le pouvoir au président de la République du Ghana d’accorder des licences minières dans les réserves forestières, est désormais annulée. Cette mesure, dévoilée il y a quelques jours, était une promesse de campagne de l’actuel chef d’État du pays d’Afrique de l’Ouest, John Dramani Mahama. « C’est une étape très positive. Cela démontre que le gouvernement est disposé à faire en sorte de restaurer ce qui a été perdu. Nous sommes de retour sur la voie d’une exclusion totale de l’exploitation minière dans nos réserves forestières », a affirmé Daryl Bosu, le vice-président de l’ONG environnementale A Rocha Ghana.
En prenant cette décision, John Dramani Mahama donne une nouvelle trajectoire à la protection des quelque 288 réserves forestières que compte le Ghana, dont plus de 90 % ont souffert de l’adoption de cette réglementation, aujourd’hui abrogée. En effet, les activités minières (orpaillage illégal, exploitation minière, etc.) ont ravagé les réserves forestières du pays, accélérant la déforestation et souillant les ressources hydrauliques, les sols, ainsi que l’air. L’or, constituant 97 % des minerais exploités au Ghana, les autres étant le manganèse, la bauxite, le diamant et le lithium.Actuellement, le secteur minier correspond à 7,6 % du PIB ghanéen, génère plus d’un tiers (39 %) de toutes les recettes d’exportation et contribue à 18,6 % des recettes fiscales domestiques directes.
Freiner la déforestation
En 2020, le Ghana comptait 7,3 millions d’hectares de forêt naturelle, couvrant plus de 31 % de sa superficie. En 2024, il a perdu 77 000 hectares de forêt naturelle, ce qui équivaut à 47 millions de tonnes d’émissions de CO₂. L’industrie minière y a bien sûr joué un rôle majeur.
Si l’annulation de la loi sur licences minières est une victoire, les forêts ghanéennes ne sont pas encore sauvées pour autant. « Il va également falloir s’occuper des mines artisanales, mais aussi de l’exploitation illégale du bois et de l’accaparement agricole des terres, prévient Daryl Bosu de l’ONG environnementale A Rocha Ghana. Ce sont autant de facteurs qui endommagent nos forêts en leur sein, finissant par les détruire».
Cette annonce fait suite à la délivrance, en août 2025, de la première licence FLEGT (Forest Law Enforcement, Governance and Trade) pour le bois légal au Ghana, renforçant le statut de pionnier du pays en matière de gouvernance forestière. Le Ghana devenait ainsi le premier pays a délivré cette licence en Afrique.
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