Autrefois, les wadis jouaient un rôle central dans la vie économique et sociale du pays. Ils servaient de points d’approvisionnement en eau pendant la saison sèche, irriguant les champs et abreuvant les troupeaux. Aujourd’hui, sous l’effet combiné de la désertification, des sécheresses prolongées et des inondations de plus en plus violentes, ces lits naturels s’envasent ou s’assèchent complètement.
« Nous avons perdu près de 60 % des wadis dans certaines zones du centre et de l’est du pays », explique un hydrologue tchadien. « Le ruissellement de surface est désormais très faible, et les nappes phréatiques ne se rechargent plus correctement. »
Pour les agriculteurs, les conséquences sont dramatiques. Les récoltes de mil, de sorgho et d’arachide (piliers de l’alimentation locale )sont en forte baisse. De nombreux éleveurs doivent parcourir de longues distances pour trouver des points d’eau pour leurs bêtes. Dans certaines localités, les populations se tournent vers des puits de plus en plus profonds, dont l’eau devient souvent impropre à la consommation.
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Selon les experts, cette situation risque d’aggraver l’insécurité alimentaire déjà préoccupante dans le pays. Le Tchad, classé parmi les plus vulnérables au changement climatique, fait face à une pression croissante sur ses ressources naturelles.
Le gouvernement et plusieurs ONG locales tentent de réagir. Des programmes de restauration des wadis, de reboisement et de gestion durable de l’eau ont été lancés. Mais faute de moyens suffisants, ces initiatives peinent à inverser la tendance.
« Si rien n’est fait pour protéger nos wadis, c’est tout un mode de vie qui disparaîtra », alerte un agriculteur de la région du Batha. « Sans eau, il n’y a pas d’agriculture, pas d’élevage, pas d’avenir. »
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