Afrive
13 rue Truillot
94200 Ivry-sur-Seine
France
Afrive
13 rue Truillot
94200 Ivry-sur-Seine
France

La Haute Cour de Kwale a commencé ce mardi 21 juillet 2026 l’examen d’un recours visant à suspendre un accord sur les minerais critiques entre le Kenya et les États-Unis d’Amérique. Le recours déposé le 22 juin 2026 par le Centre for Litigation Trust (CLT), œuvrant dans l’intérêt général, dénonce un accord conclu dans le plus grand secret et sans participation du public, autour de Mrima Hill dans le comté de Kwale, une zone riche en terres rares mais également protégée.
Un mois après la saisie de la Haute Cour de Kwale par le Centre for Litigation Trust (CLT), l’examen de sa requête commence enfin. Datée du 22 juin 2026 et déposée par l’intermédiaire du cabinet d’avocats N.M. Kamwendwa & Co., l’organisation kényane de défense de l’intérêt public demande à la justice kényane de suspendre l’accord minier conclu entre Nairobi et Washington, concernant Mrima Hill, dans le comté de Kwale, jusqu’à ce que les habitants et leurs dirigeants soient pleinement associés aux négociations concernant ces gisements minéraux de grande valeur. D’après CLT, le processus ayant abouti à cet accord se serait déroulé dans le plus grand secret.
« Les clauses du contrat, les études d’impact environnemental, la structure de propriété, le cadre de partage des bénéfices et l’emplacement des installations proposées restent opaques et vagues », avait alors déclaré Julius Ogogoh, le directeur exécutif du centre.
Une menace pour Mrima Hill, une forêt classée de 160 hectares
Si LCT mène ce combat, c’est pour deux raisons principales. D’abord, pour préserver les collines boisées de Mrima Hill, étendues sur 160 hectares dans la région de Kwale. Cette forêt est d’autant plus précieuse en ceci qu’elle recèle l’un des plus grands gisements inexploités au monde, le niobium.

Si le Niobium est crucial dans l’aérospatiale et les pipelines, ses propriétés uniques (supraconductivité et résistance) le rendent indispensable dans des secteurs insoupçonnés, comme l’automobile, l’imagerie médicale ou l’électronique de pointe. Voilà où se trouve l’intérêt américain. Outre le niobium, le Kenya met en avant le lithium, le graphite, le cuivre, le nickel, et aussi le coltan identifiés ces dernières années dans plusieurs comtés. L’accord est présenté comme avancé et s’inscrit dans la volonté kényane de rompre avec le modèle d’exportation de minerais bruts. « Les minéraux seront transformés au Kenya », a insisté William Ruto, qui veut faire de cette condition un marqueur d’une nouvelle relation avec les pays occidentaux.
C’est en mars 2026 que le ministère kényan des Mines et de l’Économie bleue a lancé un appel d’offres international pour commercialiser le site et attribuer les droits d’exploitation minière. Les superpuissances mondiales, menées par les États-Unis et la Chine, se disputent actuellement les droits d’exploitation et de développement de ces ressources, les États-Unis semblant être le soumissionnaire favori à l’issue d’un lobbying intensif.
Autre point mentionné dans la recours du Centre for Litigation Trust, la crainte des habitants locaux, notamment les anciens de la communauté traditionnelle, d’être chassés de leurs terres ancestrales, sachant que cette zone est un site culturellement sacré pour la communauté locale des Digo. Les dirigeants du comté de Kwale, menés par le gouverneur, exigent une transparence totale et des garanties strictes quant au versement aux communautés locales des redevances qui leur reviennent de droit.
Le Centre for Litigation Trust aura t-il gain de cause et les droits des populations seront-ils respectés ? Le verdict est attendu du côté de Kwale.
Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.