Le média de l'écologie, de l'économie verte et de la croissance durable. Accueil » ENERGIE » CAMEROUN : l’État renationalise la gestion de l’électricité pour redresser un secteur fragile

CAMEROUN : l’État renationalise la gestion de l’électricité pour redresser un secteur fragile

Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a signé le 4 mai 2026 un décret transformant Energy Of Cameroon (Eneo), qui a été l’opérateur majeur du secteur de l'électricité dans le pays d’Afrique centrale pendant plus de 20 ans, en la Société camerounaise d’électricité (Socadel), une entité à capital public.

par Inès Magoum
Des réseaux électriques installés par Eneo

Au cours des derniers mois, les délestages se sont intensifiés au Cameroun, plongeant les populations dans un profond désarroi. C’est dans ce contexte que le président de la République camerounaise, Paul Biya, a acté sa décision de renationaliser la gestion du secteur de l’électricité dans le pays. Ainsi, le 4 mai 2026, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) est devenue la société publique en charge de la production et de la distribution de l’électricité. La nouvelle entreprise remplace Energy Of Cameroon (Eneo), qui a assuré ces missions pendant plus de 20 ans dans le pays d’Afrique centrale en coexistence avec l’État au sein de cette société.

Outre la production et la distribution de l’électricité, la Socadel a pour mission au Cameroun et à l’étranger de réaliser toutes activités ayant trait directement ou indirectement à l’importation et à l’exportation, à l’achat, à la vente et à l’utilisation de l’énergie électrique. La société nouvellement créée sera aussi en charge de toutes les opérations juridiques, civiles, commerciales, industrielles, immobilières et mobilières se rattachant directement ou non à l’objet social et à tous les autres objets similaires ou connexes de nature à favoriser son extension ou son développement, selon l’article 4 du décret.

Le gouvernement camerounais espère que cette restructuration permettra de redresser le secteur, d’améliorer la fiabilité du réseau et de gérer une dette importante du secteur. 

Un capital de 66,9 millions d’euros

Avant d’en arriver à la Socadel, l’État du Cameroun a dû racheter au fonds d’investissement britannique Actis les 51% des parts qu’il détenait au sein d’Eneo. L’opération a coûté 78 milliards de francs CFA (environ 118,9 millions d’euros) au trésor public. 

Avec pour actionnaire unique l’État du Cameroun, la Socadel est doté d’un capital de 43,9 milliards de francs CFA, environ 66,9 millions d’euros. L’État étant désormais seul aux commandes, il récupère aussi tout le passif et les défis liés à l’ancien actionnaire majoritaire. Avant le rachat, Eneo faisait déjà face à un endettement massif, à la problématique des factures impayées, au délabrement du réseau de distribution, ou encore aux tensions structurelles dans la chaine électrique. 

Malgré d’importantes subventions gouvernementales et un vaste potentiel hydroélectrique, seulement 71 % de la population camerounaise a accès à l’électricité, et le coût est parmi les plus élevés de la région.

Oumarou Hamandjoda, qui était le Directeur général adjoint d’Eneo, en prend la tête. Quant au ministère camerounais des Finances, il va assurer le volet financier, tandis que l’aspect technique incombe au ministère de l’Eau et de l’Énergie. Trois organes de gestion ont été mis sur pied pour assurer la coordination des activités de la Socadel : une assemblée générale, un conseil d’administration et une direction générale dédiée à la gestion quotidienne de la société.

En ce qui concerne le personnel, il est prioritairement constitué de ceux qui appartenaient jusqu’ici à Eneo Cameroon. Toutefois, la Socadel peut employer une ressource humaine recrutée directement, les fonctionnaires en détachement et les agents de l’État relevant du Code du travail.

Newsletter

Recevez nos actualités récentes directement dans votre boîte mail.

Vous pouvez aussi aimer

Laisser un commentaire

AfriVe
×