Avec plus d’un tiers de l’électricité fossile consommée par l’industrie tunisienne, l’efficacité énergétique et le passage aux énergies renouvelables sont stratégiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en Tunisie. C’est dans ce contexte que sera déployé le projet pilote de valorisation des déchets sous forme de combustibles dérivés des déchets (RDF), présenté récemment au siège de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) en Tunisie.
Mise en œuvre en partenariat avec l’Agence nationale des déchets de Tunisie (ANGED), l’initiative vise à valoriser 10 000 tonnes de déchets textiles pour produire un combustible alternatif, afin de réduire la consommation d’énergie conventionnelle des industries dans le pays d’Afrique du Nord. En effet, le secteur industriel est le troisième consommateur d’énergie conventionnelle de la Tunisie, avec plus de 25 % de consommation finale en 2021 d’après le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.
Conscient que la transition énergétique constitue une piste inévitable pour réduire la consommation énergétique de ce secteur et donc les émissions de GES, les industries tunisiennes s y sont engagés il y a plusieurs années.
L’élaboration d’un cadre réglementaire régissant le secteur du textile
La gestion durable des déchets textiles devraient donc soutenir cette démarche. Selon une étude de cartographie des déchets datant de 2021, commandée par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), plus de 31 000 tonnes de déchets textiles sont générés chaque année en Tunisie, dont 6 300 tonnes proviennent de la surproduction des vêtements, y compris les produits de seconde qualité et les tissus de rebut. Rendu en 2026, ces chiffres devraient avoir évolué.
Outre l’amélioration de l’accès à l’électricité propre, les résultats de ce projet pilote serviront de base à l’élaboration du cadre réglementaire régissant cette activité en Tunisie. Pour mémoire, le pays souhaite réduire la consommation d’énergie primaire de 30% à l’horizon 2030, par rapport au scénario tendanciel et atteindre une part des énergies renouvelables de 30% dans le mix énergétique la même année.
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