La présidence brésilienne de la 30e conférence des Parties sur le changement climatique, qui se tient à Belém depuis le 11 novembre 2025, a mis au dernier jour un projet de texte sur la table avec une grande omission: il ne contient pas le mot «fossiles», et encore moins la création de la «feuille de route» réclamée par au moins 80 pays européens, latino-américains ou insulaires. Les acteurs internationaux, parties prenantes à cette feuille de route, n’ont pas manqué d’exprimer leur déception. Ces pays veulent combler le fossé qui sépare les trajectoires de réchauffement actuelles et celles qu’elles devraient être pour rester à +1,5°C de réchauffement.
«C’est loin de l’ambition dont nous avons besoin sur l’atténuation. Nous sommes déçus par le texte qui est actuellement sur la table», a par exemple déclaré le commissaire au Climat, Wopke Hoestra à l’UE.
Une trentaine de pays, dont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni ou encore la Colombie, ont quant à eux vivement critiqué le projet d’accord dans une lettre commune, menaçant de bloquer le texte.
Deux camps s’opposent
«C’est comme une page blanche, il y a si peu pour combler le manque d’ambition pour en rester à 1,5°C de réchauffement, ou pousser les pays à accélérer l’action», a églement réagi Tracy Carty de Greenpeace. Il est «extrêmement décevant» selon World Wildlife Fund (WWF).
L’absence de cette feuille de route est d’autant plus surprenante qu’en 2023 à la COP28 de Dubaï, un accord historique avait été pris sur une transition hors des énergies fossiles, bien que le texte ne mentionne pas explicitement le terme de «sortie» des énergies fossiles. La COP30 devait être le lieu d’évaluer les avancées et préciser les priorités pour une transition juste, ordonnée et équitable.
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L’une des raisons de cet échec est que les camps restent toujours très opposés sur les énergies fossiles. Les pays tels que la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Nigeria et le Russie se sont fermement opposés à toute feuille de route.
L’autre gros point de blocage, c’est le montant de l’aide financière des pays riches aux pays pauvres pour leur adaptation climatique. À la COP 29 à Bakou, il y a un an, les pays riches ont accepté de passer de 100 milliards à 300 milliards de dollars par an. Et visiblement, ils n’ont pas envie d’aller plus loin.
La conséquence c’est que les énergies fossiles continueront de libérer du dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre (GES), qui à leur tour vont piéger la chaleur dans notre atmosphère. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), les énergies fossiles sont déjà responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de près de 90 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone. Si rien n’est fait rapidement, la courbe des températures devrait atteindre les +2,8 °C d’ici à 2100. Un niveau insupportable pour bien des populations, sans parler des conséquences économiques inestimables.
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