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Algérie : un budget de 6 milliards de dollars pour moderniser l’agriculture en 2026

Le gouvernement augmente de 4 % les dépenses allouées au secteur agricole, misant sur l’innovation, la gestion durable des ressources et la réduction de la dépendance alimentaire.

par Patricia Angonemane

L’Algérie fait un nouveau pas vers la modernisation de son agriculture. Le gouvernement a approuvé, dans le cadre du projet de loi de finances 2026, une enveloppe budgétaire de 764,2 milliards de dinars, soit environ 5,84 milliards de dollars US, destinée au secteur agricole. Cette allocation marque une hausse de 4 % par rapport à celle prévue dans le budget 2025 (5,5 milliards $), témoignant de la volonté des autorités de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

L’annonce a été faite le 3 novembre 2025 par Yacine El-Mahdi Oualid, ministre de l’Agriculture, lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN). Selon les détails communiqués, 90,25 % des dépenses seront orientées vers les programmes d’agriculture et de développement rural, 6 % vers les projets forestiers, 3 % à l’administration générale, tandis que le reste sera consacré à la pêche et à l’aquaculture.

Ce renforcement budgétaire intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, qui ont atteint près de 11 milliards de dollars en 2024, en hausse de 10,6 % selon la Banque centrale d’Algérie. Le pays reste l’un des plus gros importateurs de denrées alimentaires du continent, juste derrière l’Égypte.

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La mesure fait suite à la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, tenue les 27 et 28 octobre 2025, au cours de laquelle les autorités ont souligné la nécessité d’une transformation technologique et durable du secteur. L’objectif : améliorer la productivité, renforcer les infrastructures et s’adapter au changement climatique.

Malgré un potentiel agricole important, les performances restent limitées. Les rendements céréaliers, par exemple, plafonnent à 1,8 tonne par hectare, soit moins de la moitié de la moyenne mondiale estimée à 3,9 tonnes. À cela s’ajoutent des pertes post-récolte importantes, évaluées entre 20 et 30 % de la production annuelle, faute d’infrastructures de stockage et de chaînes de froid performantes.

Autre défi majeur : la faible utilisation des techniques d’irrigation modernes, qui ne couvrent que 15 % des superficies irriguées, alors que le pays est confronté à une sécheresse structurelle exacerbée par le changement climatique.

Le secteur agricole représente 13 % du PIB algérien et emploie environ 9 % de la population active. En renforçant son budget, le gouvernement espère non seulement stimuler la production locale, mais aussi encourager la création d’emplois ruraux, moderniser les exploitations et attirer davantage d’investissements dans les filières stratégiques.

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Cette initiative s’inscrit dans la continuité du plan de relance économique visant à diversifier l’économie nationale et à réduire la dépendance pétrolière, tout en consolidant la sécurité alimentaire du pays.

Avec cette enveloppe inédite, Alger confirme sa volonté de transformer l’agriculture en un levier majeur de développement durable et de résilience économique, face à un contexte climatique et économique de plus en plus contraignant.

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